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30/04/2017

Aux fous!

Le Canton veut de l’argent pour étudier la « Raquette », dont le coût est estimé par son administration à plus de 2,0 milliards. La Confédération juge ce prix trop élevé. Elle regimbe. Elle a bien raison !

 La halte de Châtelaine coûterait selon les plans de l’administration genevoise un quart de milliard. La Confédération juge ce prix trop élevé. Elle regimbe. Elle a bien raison !


La Confédération dispose d’environ 1,2 milliard de francs par an pour assurer la maintenance des infrastructures ferroviaires et financer les investissements. Un Programme de développement stratégique (PRODES) avec pour horizon 2050 fixe la ligne générale, une sorte de plan directeur. Sa réalisation passe par des Etapes d’Aménagement (EA) prévues à des intervalles pouvant varier en théorie entre 4 et 8 ans. L’étape d’aménagement EA 2025 doit être achevée en 2025 : en principe, ne peuvent entrer dans une étape d’aménagement que des projets suffisamment avancés pour pouvoir être réalisés à l’échéance de l’étape.

Les critères prioritaires de l’analyse de la Confédération sont : le rapport coût/avantage, la maturité politique du projet (aménagement du territoire - urbanisme), la maturité technique (faisabilité clairement établie). C’est à cette aune qu’il faut apprécier les demandes adressées par Genève à la Confédération.

La réalisation à Cornavin de deux voies supplémentaires fait partie de l’Etape d’Aménagement 2025, pour un coût initialement prévu de 790 millions. Les péripéties qui ont entouré ce projet, conduisant à l’enfouissement des deux voies sous la gare actuelle, ont eu deux effets : 1. la date de réalisation est reportée à 2030, et 2. le coût a passé de 790 millions à 1,65 milliard, la part de la Confédération passant de 790 millions à 1’074 millions. Je ne sais pas comment l’administration fédérale s’est débrouillée avec la loi pour payer la part à sa charge du surcoût, de 284 millions.

La Confédération a développé des méthodes permettant de définir objectivement les priorités. Elle tient à assurer une parfaite impartialité. Elle souhaite éviter l’aventure qu’elle a vécue à Genève, qui l’a forcée à violer ses propres règles d’impartialité : dans le calcul initial du rapport coût/utilité, le coût était de 790 millions, il a passé à 1’074 millions, l’utilité restant la même. Le rapport coût/utilité est donc biaisé.

Il fallait rappeler ce contexte pour aborder les informations rendues publiques hier par l’Office fédéral des transports OFT. L’OFT hésite entre deux variantes : l’une d’elle prévoit une Etape d’aménagement s’achevant en 2030, portant donc sur 5 ans, se montant à environ 7 milliards, l’autre variante s’achève en 2035, se montant à 12 milliards.

 Pour ce qui est de Genève, le Canton a établi sa liste de vœux en 2014.

  1. « La Raquette » : le Canton a demandé le financement des études de la « Raquette », cette ligne nouvelle qui relierait Cornavin-Nations-Aéroport gare nouvelle sous gare actuelle-Meyrin-Zimeysa, dont le coût est estimé par son administration à plus de 2,0 milliards. La Confédération n’est pas entrée en matière. Il faut croire que la Confédération a jugé défavorable le rapport coût/utilité de cet ouvrage, rejoignant le point de vue depuis longtemps exprimé par l’association Genève Route et Rail, dont le projet, offrant de meilleures fonctionnalités, coûterait moins de 800 millions, et résoudrait aussi du même coup le problème suivant.
  1. La halte de Châtelaine : le Canton a également demandé d’inscrire la halte de Châtelaine. La Confédération n’est pas entrée en matière. Il n’y a rien d’étonnant à cela : le groupe d’experts qui a étudié le problème de Cornavin (on trouve son rapport, daté du 15 novembre 2015, annexé à la Convention-Cadre signée le 7 décembre 2015 par la Ville de Genève, le Canton, la Confédération et les CFF) a été amené pour des raisons d’économie à sabrer une partie de son projet initial (suppression de l’une des deux voies desservant Cornavin depuis l’ Ouest). Or la halte de Châtelaine ne peut être réalisée sans cette voie, les experts s’expriment très clairement sur ce point (page 12, figure 8, aussi page 15, chapitre 6.1). Or la voie manquante, pour être réalisée après coup, coûtera 172 millions (chapitre 6.3 du rapport). A ces 172 millions s’ajouteraient le coût de la halte, évalué à 70 millions, ce qui porte la dépense pour cette halte à un quart de milliard.

    Bien entendu, il est parfaitement raisonnable de créer une halte à Châtelaine. Le projet GeReR, dont la boucle de l’Aéroport diviserait par deux le trafic à travers Cornavin et sur le tronçon de Châtelaine permettrait de réaliser cette halte pour 70 millions seulement, puisqu’il ne nécessite pas la réalisation de la voie manquante.

Mais quand donc l’administration genevoise se rendra-t-elle compte que l’argent public, il faut le gagner aussi ? et que si elle s'obstine à ne pas s'en rendre compte, c'est l'Etat qui trinque ?

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Commentaires

J'attendais de vous lire suite aux dernières nouvelles de la Confédération. Je ne suis pas déçu. Le CE pleure, ça sent le crocodile... Quel entêtement!

Écrit par : hommelibre | 30/04/2017

Vous oubliez seulement qu'il faut nourrir le canasson. Miam miam, des milliards pour le canasson. Après on peut toujours se poser la question de la corruption... quand des milliards sont en jeu. Juste se poser la question...

Écrit par : Xanadou | 30/04/2017

Monsieur,

Vous osez prendre position contre l'avis d'un ingénieur civil chargé des finances à Genève ? Ne serait-il pas possible d'envisager des dialogues entre professionnels? !

un citoyen respectueux de la constitution Suisse.

Amicalement,

Le retraité

Écrit par : Perrin François | 30/04/2017

Visiblement, rien n'est trop beau pour Genève. Surtout si c'est financé par l'argent des autres confédérés. Est-ce aux 7.7 millions de Suisses non genevois à cofinancer les caprices d'enfants gâtés ruineux du Conseil d'Etat genevois ?

Le CEVA: surcoût de plusieurs centaines de millions, dont 55% à la charge de la Confédération.
Gare souterraine à Cornavin: pareil, pour ne pas toucher au sacro-saint quartier des Grottes (problème local, pas fédéral). Le CEVA n'est même pas encore terminé que GE réclame déjà une fortune pour un autre projet dont le retour sur investissement n'est pas démontré. Après ça, ce sera quoi ? Une traversée ferroviaire du lac, alors que le CEVA a justement été créé pour rejoindre les deux rives ? Si Genève veut rivaliser avec Singapour ou Hong Kong, alors qu'elle finance ses projets mégalo elle-même, avec ses 12 milliards de dettes.

Le reste de la Suisse a lui aussi des besoins de développement qui se chiffrent en milliards de francs, mais pas répartis sur un minuscule territoire de 282 km2. Au niveau romand p.ex., JU et NE ont des besoins de rattrapage. Fribourg, Vaud et le bas-Valais connaissent une croissance démographique sans comparaison avec Genève, sur une territoire presque 20 fois plus grand. Quant au Grand Zurich et ses presque 3 millions d'habitants, ses besoins sont énormes. Sans compter BS, BL, BE, LU,...

Genève pourrait p.ex. déjà commencer par honorer son engagement envers la France voisine (240 millions sur 10 ans, dont 3 pour des P+R). C'est trop facile d'encaisser la moitié des impôts de 100'000 frontaliers et de ne rien partager ensuite (excepté l'IFD qui part à Berne).

Écrit par : Stéphane Chappuis | 30/04/2017

Ce qui est complètement navrant, c'est que les projts genevois n'apportent strictement rien de mieux que le projet GeReR. Genève ne tirera aucun prestige des ses réalisations. Le projet GeReR prévoit une dépense de 740 millions pour réaliser la boucle ferroviaire de l'Aéroport, y compris un raccordement de la ligne de l'Aéroport à la ligne de la Plaine à Blandonnet, et y compris encore un raccordement à la ligne de Lausanne en direction de Cornavin. Topologiquement, cette boucle est exactement la même que la "Raquette" de l'Etat, qui coûte, elle, plus de 2 milliards. La boucle de GeReR présente l'avanatge de dispenser d'une seconde extension souterraine de Cornavin, qui coûterait un milliard. En rive droite, GeReR coûte 740 millions, les projets de l'Etat coûteraient plus de 3 milliards.

L'autre volet du projet GeReR, c'est la traversée mixte du Lac, autoroutière et ferroviaire. Elle coûte environ 3,2 milliards, c'est aussi ce que coûterait la traversée prévue par l'Etat, mais routière seulement!

Si on ajoute le coût de la 1ère étape d'extension souterraine de Cornavin, de 1,65 milliards, on voit que l'Etat envisage de dépenser près de 8 milliards, alors que GeReR n'en coûterait que la moitié! Et cela sans aucune perte de prestige!

Écrit par : weibel | 30/04/2017

je suis écoeuré par vos propos. Manque de vision, étroitesse d'esprit. opinion typiquement Suisse on préfère les petits rafistolages à régler le problème sur le long terme. ça coute trois plus mais on fait des économies. Il est vrai que vous n'êtes pas genevois et que vous préférez les buffets de gare de campagne à une vraie politique ferroviaire.

bonjour le spécialiste. On a plutôt à faire avec un épicier.

Écrit par : Anastase | 01/05/2017

Tout à fait d'accord avec "Anastase".

Salut les blaireaux du "c'est trop cher".

Quant à dire que Genève coûte à la Suisse...

Votre tante vit sans doute à Unspunnen ????

Écrit par : Andrrea Venir | 05/05/2017

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