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07/05/2017

Mais saperlipopette !

Y aura-t-il quelqu’un au sein des autorités genevoises qui aura suffisamment de bon sens (ou serait-ce de courage ?) pour se rendre compte des immenses avantages que présente la boucle ferroviaire de l’Aéroport. Ou alors qui ait le courage de s’adresser à moi en acceptant de débattre ?


L’administration vient de soumettre à l’enquête publique une mise à jour du Plan directeur cantonal. Dans sa Fiche B01 consacrée au trafic ferroviaire, l’administration écrit ceci au chapitre du Développement du cœur du nœud ferroviaire : « raquette » : la création d’une ligne nouvelle de la gare de Genève-Cornavin à Meyrin par une nouvelle infrastructure dite « raquette » via la gare de Genève-Aéroport, permettra de relier toutes les gares de l’agglomération à l’aéroport sans rebrousser ou changer de train à Cornavin. En comparaison avec les précédents projets pour cette raquette (tracé plus lointain vers Pregny-Chambésy, et raccordement à hauteur de Vernier), cette variante présente le double avantage de permettre la réalisation de nouvelles gares dans des contextes urbains denses (Nations et Meyrin) et un raccordement à la ligne de La Plaine dans la ZIMEYSA, ne prétéritant pas une éventuelle extension vers le Pays de Gex. La mise en œuvre de ce projet pourrait se faire par étapes.

 

Lecteurs de ce blog, vous le savez bien, la « raquette » de l’administration décrit un tracé topologiquement identique à celui que propose le projet Genève Route et Rail : partant de Cornavin en direction de Lausanne, il quitte la ligne de Lausanne pour rejoindre l’Aéroport avant de rejoindre la ligne de La Plaine vers Zimeysa.

 

L’administration déclare que son tracé offre l’avantage de permettre la réalisation de nouvelles gares dans des contextes urbains denses (Nations et Meyrin). Oui, certes, mais la halte des Nations est à moins de 500 mètres de celle de Sécheron (donc d’utilité modeste), et Meyrin est d’une part solidement relié par le tram, d’autre part située sur trois haltes existantes, Zimeysa, Vernier-Meyrin et Blandonnet (donc également d’utilité modeste). L’avantage avancé par l’administration est donc bien modeste.

 

L’administration, en affirmant que la création d’une ligne nouvelle de la gare de Genève-Cornavin à Meyrin par une nouvelle infrastructure dite « raquette »…  permettra de relier toutes les gares de l’agglomération à l’aéroport sans rebrousser ou changer de train à Cornavin, oublie que sa « Raquette » ne dessert ni Blandonnet, ni Vernier-Meyrin, ni surtout Châtelaine. La mairie de Vernier quant à elle ne semble pas en avoir pris conscience.

 

Toute la différence entre le tracé topologique de la « Raquette » de l’Etat et celui du projet Genève Route et Rail, réside dans ce fait : au tracé de la boucle qui se referme sur Cornavin (comme le fait la « Raquette » de l’Etat), le projet Genève Route et Rail ajoute le raccordement à la ligne de Lausanne. Cette boucle a pour effet de réduire de moitié le trafic sur tout le tronçon halte de Genthod-Bellevue  - Cornavin - Aéroport. De ce fait, Cornavin n’a besoin d’aucune extension supplémentaire, le tronçon de Châtelaine non plus, il se prête sans difficulté à une halte, et la gare de l’Aéroport ne nécessite aucune extension.

 

Sapristi ! l’autre jour, quelqu’un comparait Genève et Zurich ! la Durchmesserlinie, qui est née à l’initiative de l’administration zurichoise, a une longueur de 9 kilomètres, un peu plus que la « Raquette » genevoise, elle a coûté 2,02 milliards, ce que coûterait la « Raquette ». Mais elle reçoit désormais un trafic journalier de 140 trains de grandes lignes et de 320 trains RER. Environ 26 trains par heure. Puis-je me permettre de poser la question à l’administration genevoise : combien de trains par heure attendez-vous sur votre « Raquette » ?

 

La gare de la Durchmesserlinie a la même configuration que celle de l’Aéroport (de Genève) : deux quais et 4 voies. Elle reçoit 460 trains par jour, 25 par heure. La gare de l’Aéroport reçoit 6 trains par heure, il y en un de plus vers les 7 heures du matin : elle est à ses limites. En principe, selon les données des CFF, elle pourra recevoir en 2025 deux trains régionaux s’arrêtant à Versoix, au total 8 par heure. Selon l’OFT, dès 2030, ce sont deux trains de grandes lignes qui occuperont ce « sillon », il n’y aura plus de liaisons directes entre Versoix et l’Aéroport.

 

Genevois, il est temps d’imaginer que les zurichois ne sont pas privilégiés parce qu’ils parlent suisse-allemand, et de vous rendre compte qu’ils réfléchissent plus et mieux à ces questions.

 

Ceci pour finir : la Fiche B01 du plan directeur cantonal traite du réseau ferroviaire, la Fiche B02 des transports collectifs, la Fiche B03 traite du réseau routier. Il n’y a pas trace d’une fiche qui tendrait à examiner la complémentarité des réseaux et moyens de transport. Faut-il s’étonner dès lors que le projet de traversée du lac n’évoque pas de traversée mixte ?

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Commentaires

A ce stade, la seule explication qui me vient à l'esprit c'est une fuite en avant de tous les acteurs entremêlés qui ont bêlé avec le troupeau sans s'informer et qui redoutent que leur incompétence éclate au grand jour.
Nous vivons au travers de ce feuilleton, une caricature de ce qui se passe dans nos parlements, commissions, exécutifs et services de l'administration. Notre structure démocratique est en voie de déliquescence avancée et je ne vois qu'un nettoyage par le vide grâce à la technologie pour se débarrasser de tous ces parasites qui se nourrissent de médiocrité et qui s'accrochent au minuscule pouvoir qui leur a été provisoirement prêté, repoussant ainsi leur inéluctable fin programmée.
J'espère juste que la transition ne sera pas sanglante, mais j'en doute. L'Histoire se répète et nous enseigne que les bonds en avant sont toujours violents, car nous peinons à tirer les conséquences de ces enseignements.
Vivement l'intelligence artificielle qui nous obligera à nous dépasser et qui pourrait bien sauver notre environnement malgré nous.

Écrit par : Pierre Jenni | 07/05/2017

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Monsieur Jenni. Vous avez sans aucun doute raison: en occupant ma retraite à examiner les propositions faites par les administrations dans le domaine des infrastructures de transport, j'ai rencontré deux cas qui me paraissaient susceptibles de contre-propositions. Vous le savez, ça a été le cas au Gothard (ça n'est pas fini), c'est le cas à Genève. Dans ces deux cas, les administrations ont jugé plus sage de refuser d'entrer en matière. Je suis désormais certain que c'est par peur d'être accusées d'amateurisme.

C'est une erreur de leur part. Le travail de création (les beaux arts, mais aussi les ouvrages d'art, mais aussi les systèmes) est par essence inépuisable, si bien que personne ne peut se réclamer d'en faire seul le tour. C'est pourquoi je suggère que les problèmes de création d'infrastructures soient abordés par les administrations comme le sont les grands projets d'architecture publique, par des concours, qui dégagent de nombreuses solutions, donnant du même coup légitimité au processus décisionnel.

Ce que fait actuellement l'Etat de Genève pour la traversée du Lac va exactement à l'opposé de cette suggestion: son administration a étudié il y a 7 ans un projet, et il n'est pas question d'en discuter, alors même que ce premier projet n'était qu'une étude de faisabilité dont rien ne dit qu'elle offre la meilleure solution, alors même que les choses ont évolué, que la Confédération a exprimé son avis, qui est différent, que les citoyens ont tenu à laisser le tracé ouvert, etc.

Cette rigidité témoigne d'une totale incompréhension de ce qu'est tout travail de création.

Écrit par : weibel | 07/05/2017

Mon pauvre Pierre, quel dommage que personne ne vous écoute. Mais pourquoi ne pas passer votre retraite à Zürich là où les gens sont plus intelligents, il fait bon vivre et où vous aurez une audience captive.

La retraite est une période difficile, pourquoi ne pas prendre un abonnement inter rail et sillonner l'Europe en comptant les trains. Cela vous occuperait et cela nous ferait des vacances. Qui sait vous rencontrerez peut-être des touristes suisses-allemands

Écrit par : Anastase de Saint-Senestre | 15/05/2017

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Dire, Anastase de Saint-Senestre, qu'il y a des CDPAc...l qui se perdent est peu dire

Devineriez-vous sur quel fond de pantalon l'un de ces CDPAc...l pourrait atterrir... en chaussant des bottes de sept lieues...!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/05/2017

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Cher Myriam, vous devriez accompagner Rodolphe. Il pourrait vous montrer le fonctionnement des aiguillages, vous expliquer la signalétique des feux, vous bercer au staccato des traverses.

Écrit par : Anastase De Saint-Senestre | 16/05/2017

@ Anastase De Saint-Senestre

ADSS... Pas très glorieux de porter ces initiales!

"et cela nous ferait des vacances."

Pourquoi ne pas sillonner d'autres blogs pour vous occuper?
La retraite est AUSSI à votre porte. Le temps passe si vite.....!

Écrit par : Patoucha | 16/05/2017

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