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03/09/2017

En 1987, l’affaire est claire : boucle de l’aéroport il y aura.

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1987.05.25 Journal de Genève Page 16 boucle Bellevue.jpg

Le Conseiller d’Etat Jean-Philippe Maître est remarquablement concis :

  1. Parce que la ligne de l’aéroport est en impasse, elle sera bientôt saturée.
  2. On pourrait y remédier en y ajoutant une troisième voie (entre Nyon et Aéroport).
  3. Cette solution poserait des problèmes techniques à la gare de Cornavin.
  4. Il vaut mieux dès lors ne construire la 3ème voie que de Nyon à Bellevue, et depuis Bellevue réaliser un nouveau tronçon pour rejoindre directement Aéroport par Le Grand-Saconnex.

 

Conseiller d’Etat avisé, Monsieur Maître n’a certainement pas avancé ses arguments sans s’être convaincu de leur solidité.

Le projet GeReR est celui que présentait en 1987 le Conseiller d’Etat Maître. Je n’ai fait que pousser plus avant l’étude, plus en détail, pour confirmer la faisabilité de ce projet, pour en évaluer le coût, pour en préciser les avantages et les inconvénients, et pouvoir le comparer avec les extravagances des administrations, cautionnées par les CFF.

Le coût du projet du Conseiller d’Etat Maître : 740 millions, celui des administrations 4'670 millions.

Le projet du Conseiller d’Etat Maître : pas de chantiers à Cornavin, celui des administrations, 2,67 milliards de chantier, durant certainement plusieurs décennies.

Le projet du Conseiller d’Etat Maître : pas de gare supplémentaire, souterraine (en-dessous de la gare actuelle !) à l’aéroport

Le projet du Conseiller d’Etat Maître : offrant aux trains transportant des matières dangereuses un tracé évitant les centres densément habités.

Je n’ai absolument rien inventé sur ce point. Lors de notre audition par la Commission des travaux du Grand Conseil, un député, sarcastique, m’a demandé si j’étais un génie pour oser pareillement contredire les administrations. S’il devait ici y en avoir un, ce serait Monsieur Maître. Mais je suis plutôt d’avis qu’il ne faut aucun talent particulier pour se rendre compte que les administrations ont fait fausse route, et se battent avec acharnement pour porsuivre dans cette voie. Errare humanum est, perseverare diabolicum.

On sait qu’en décembre 2009, le canton de Genève (et Vaud, pas directement concerné par ce volet) a donné mandat aux CFF d’étudier l’agrandissement de la gare de Cornavin afin d’augmenter la capacité du nœud ferroviaire de Genève. C’est à ce moment précis que remonte le premier indice de l’origine de l’incroyable dérive à laquelle on assiste. Avant que les CFF empoignent le problème, l’administration genevoise l’avait déjà résolu voir ici

 Et la question revient, cruciale, lancinante : cui bono ? A qui cela profite-t-il ? et immédiatement après, celle-là : quousque ? jusqu’où ? jusqu’où ira cette incroyable dérive avant que la Confédération, le Canton, la Ville, les citoyens, y mettent fin ?

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Commentaires

1987 - 2017 : 30 années se sont écoulées depuis l'interview de feu le regretté Jean-Philippe Maitre !

Entre-temps, le Journal de Genève a disparu et le journaliste André Crettenand est devenu Directeur de l'information de "TV5 Monde". Heureusement qu'il reste les archives du Journal de Genève pour témoigner des propos visionnaires de Jean-Philippe Maitre, ce que Luc Barthassat, issu pourtant du même parti, le PDC, a oublié.

Trente ans c'est beaucoup et peu à l'échelle humaine. Trente ans et pourtant personne, pas un député genevois, même parmi ceux qui siègent au sein des commissions concernées, dont celle des "Travaux", n'a eu l'idée de se pencher sur l'historique et les travaux parlementaires passés. Personne au sein du microcosme politique genevois, personne parmi les médias locaux, n'a pris la peine de prendre un peu de recul pour analyser le problème dans son ensemble, le traiter au niveau cantonal, en tant que "noeud ferroviaire genevois". Non, tous ont suivi comme des moutons les technocrates "hors sol" du DETA qui ont pointé d'emblée leurs doigts sur Cornavin, comme étant la seule solution pour résoudre l'augmentation du trafic ferroviaire à l'horizon 2030, alors qu'il n'en est rien et que la solution de la "Boucle de l'Aéroport" permet de faire mieux pour SIX FOIS MOINS CHER.

C'est une honte, une hérésie technique, un gaspillage des deniers publics, une débâcle, un scandale et une catastrophe annoncés !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 03/09/2017

Quand il s'agit de milliards d'investissements à faire couvrir par les contribuables, dont on a fait voter l'intention pour l'inscrire législativement - on ne parle plus d'un simple prolongement des engagements financiers et politiques tels qu'acceptés par les citoyens,

mais de détournement politique, d'intention d'objectifs citoyens.

Écrit par : divergente | 03/09/2017

A comprendre: il s'agit de faire payer par le contribuable suisse, des millions de frais à entreprises privées françaises en monopole du BTP, celles qui se sont déjà remplies les coches du Monopoly Transports inter Européen en Suisse chez les TPG, par leur accaparement du CEVA via la parisienne RATP

C'est pas comme si les groupes français utilisaient les cantons suisses frontaliers comme leur terres de business hors lois Shengen, car selon la formule britannique en exit, n'est-il pas?

Écrit par : divergente | 03/09/2017

Un seul mot : Effarant! En effet, je suis du même avis que Jean d'Hôtaux et divergente, cette variante semble être un moyen dissimulé de dépenser les milliards des contribuables pour enrichir les milieux de la construction! Je pense que la variante déjà pertinente de Jean-Philippe Maître doit être mieux connue du grand public. C'est la seule qui soit économiquement valable et qui était prévue sur le long terme à l'époque de la construction de la gare CFF de Cointrin.
Habitant au Grand-Saconnex à deux pas de cette gare, je peux confirmer qu'elle est actuellement sous exploitée et mériterait d'être mise en valeur par ce projet de raquette.
Est-ce que les autorités du Grand-Saconnex sont au courant et pourraient-elles appuyer la réalisation de cette liaison ferroviaire? A voir...

Écrit par : Sylvain Polti | 21/09/2017

Actif depuis 40 ans dans le domaine des taxis, j'ai participé activement aux travaux des quatre dernières lois depuis celle de M. Ramseier en 1999.
J'ai donc pu observer de près le travail parlementaire et surtout celui qui est réalisé en commission.
La rotation des députés est telle qu'aucun commissaire n'avait connaissance de la loi précédente et donc d'un minimum d'historique pour comprendre la problématique. C'est ainsi que nous subissons la dictature bien pensante de députés trop arrogants et fainéants pour se prononcer en connaissance de cause. Les commissaires valident les yeux fermés les décisions partisanes prises en caucus pour valider les caprices du conseiller d'Etat en charge sans espoir de voir la situation s'améliorer.
C'est ainsi que nous subissons une nouvelle loi tous les cinq ans qui n'est évidemment pas applicable et donc jamais appliquée.
Voici comment fonctionne notre précieuse démocratie dont nous sommes si fiers.

Pour les projets Weibel, à ce stade je ne vois qu'une petite fenêtre lors des élections au CE de 2018 lorsque les rapports de force et les combats acharnés des divers groupes s'appliqueront à dénoncer le bilan des sortants. Luc Barthassat pourrait bien s'en prendre plein la gueule sur de nombreux dossiers. Il sera attaqué de toute parts et son éventuel successeur ne pourra pas esquiver cette discussion.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/09/2017

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