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17/09/2017

L’administration cantonale prend ses désirs pour des réalités

La fiche B01 de la 1ère mise à jour du Plan directeur cantonal 2030, portant le titre Développer le réseau ferroviaire pour les transports de voyageurs, énonce à la page 201 les deux affirmations suivantes :

 « Augmentation de capacité de la gare de l’aéroport.  Pour des raisons de capacité, une amélioration de l’offre ferroviaire de la gare de Genève-Aéroport nécessite une nouvelle gare souterraine. En effet, la gare actuelle de l’aéroport n’est pas suffisamment dimensionnée pour accueillir le trafic régional et il n’est pas possible de l’agrandir latéralement en raison des contraintes liées à l’autoroute d’un côté et à la piste de l’autre ».

 « Développement du cœur du nœud ferroviaire : « raquette ». La création d’une ligne nouvelle de la gare de Genève-Cornavin à Meyrin par une nouvelle infrastructure dite « raquette » via la gare de Genève-Aéroport, permettra de relier toutes les gares de l’agglomération à l’aéroport sans rebrousser ou changer de train à Cornavin. »

Voici une carte qui présente les projets ferroviaires de l’administration cantonale. La « raquette » est représentée par le trait rouge qui relie Cornavin à Zimeysa 2 en passant par la nouvelle gare souterraine de l’aéroport, appelée ici Aéroport 2.

2017.07.03  Schéma Etat Rail.jpg

 

Cette carte le montre : le seul trajet qui permettrait de relier les gares de Coppet, Tannay, Mies, Pont-Céard, Versoix, Creux-de-Genthod, Genthod-Bellevue, Les Tuileries, Chambésy et Sécheron à l’aéroport sans rebrousser ou changer de train à Cornavin serait celui qui passe par Châtelaine, et aboutit à la gare actuelle de l’aéroport.

Or cette gare n’accueille aujourd’hui déjà aucun train local. On pourrait envisager dans l’avenir une liaison Nyon – Aéroport sans transbordement à Cornavin, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : un voyageur de Nyon doit changer de train à Cornavin.

Bref, contrairement à ce qu’affirme l’administration, son projet ne permettra jamais à une partie non négligeable de l’agglomération genevoise de rejoindre l’aéroport sans changer de train ou rebrousser à Cornavin : 30'000 habitants, 50'000 avec Nyon.

Il serait tellement plus raisonnable de réaliser la boucle qui permettrait d’offrir deux liaisons par  heure à l’aéroport à toute la côte vaudoise, Nyon, Gland, Rolle, Aubonne, Saint-Prex.. Le projet Léman 2030 prévoit d’établir 4 liaisons de ce type par heure entre Lausanne et Cornavin, mais, par la force des choses, parce que la gare de l’Aéroport, en impasse telle qu’elle est actuellement, ne peut recevoir ce trafic, aucune ne dessert l’aéroport.

2017.07.03  Schéma GeReR Rail Traversée non dessinée.jpg

 Ah oui, j’oubliais ! Le concept de l’administration comprend les deux étapes d’extension souterraine de Cornavin et la raquette, pour un coût total de 4,67 milliards. Le concept GeReR se résume à une seule étape, et  ne coûte que 740 millions, 4 milliards de moins.

Combien de temps faudra-t-il encore avant que les administrations acceptent d'examiner soigneusement le projet GeReR? 

Combien de temps encore faudra-t-il avant qu'un député s'offusque que l'administration ne procède pas à cet examen?

Pour en savoir plus, www.gerer.ch

 

 

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Commentaires

On aimerait entendre nos élus s'exclamer: "Quelle bonne idée que cette boucle!"!"

Écrit par : hommelibre | 17/09/2017

Je crois hélas qu'ils souhaitent s'exclamer: "Quelle bonne idée ce serait que tu la boucles!"

Écrit par : weibel | 17/09/2017

Bravo pour votre engagement et votre ténacité.
Quand nos autorités se réveilleront-elles ? Et deviendront lucides et raisonnables ?
Bon combat. Je suis avec vous
Daniel

Écrit par : Berner Daniel | 17/09/2017

C'est encore plus grave de la part de l'administration qui, non seulement, refuse d'analyser le projet GeReR, mais permet à ses membres de le disqualifier par des affirmations mensongères: affirmer aux députés que "500 mètres de double-voies à Cointrin ne coûtent pas 75 millions comme spécifié dans le projet mais 6oo millions": inqualifiable aberration destinée à nuire! pour reconnaitre l'erreur 6 mois plus tard (trop tard) suivi de l'excuse d'un Conseiller d'Etat. Dans une entreprise sérieuse le collaborateur responsable de ctte "ereur"? serait sévèrement blâmé sinon licencié. Quid de l'administration?
Autre remarque de la part d'un fonctionnaire au sujet de la dépense éhontée prévue de 4.6 milliards alors que 740 millions feraient le job encore mieux: "Que ça coûte très cher n'est pas un problème: ça fournit du travail à nos entreprises et ça rapporte des impôts".
Lecteurs contribuables: vous apprécierez!

Écrit par : Bobillier | 17/09/2017

Dans son ouvrage (« Journaliste, qui t’a fait roi ? ») destiné à la formation des journalistes, le regretté Bernard Béguin écrivait ceci à propos de l’élaboration des lois dans notre démocratie :

[…]
La loi ? Regardez bien qui fait la loi.

Il d’abord s’en réjouir sans réserve. Et puis il faut s’interroger. La loi ? Qui fait la loi ? Le Parlement, bien sûr, élu par le peuple, évidemment. « Regardez bien », disait le vieux loup Akela au conseil de la meute [1]. Regardez bien le temps qu’il faut, dans une démocratie comme la nôtre pour élaborer – ou pour amender – une loi conforme au consentement populaire.

Il faut d’abord que se manifeste, dans cette somme amorphe d’intérêts individuels que nous appelons le souverain, un courant discernable d’opinion qui justifie l’acte législatif. Quand ce courant est suffisamment établi, l’administration se met au travail et rédige un avant-projet. (Il arrive qu’on commence par une commission d’experts. Puis qu’on recommence avec une autre.) () il n’insistera jamais assez sur l’importance de cette phase préparatoire. Certes, la discrétion sied au service public, et on imagine mal, dans le cadre de nos mœurs, le fonctionnaire qui irait crier sur les toits : « C’est moi qui ai rédigé la loi sur la radiodiffusion. » Il n’empêche que le texte de départ pèse considérablement sur la suite des délibérations.
[…]

[1] : Rudyard Kipling : « Le livre de la jungle »

Remplaçons dans le texte de Bernard Béguin la référence à la loi sur la radiodiffusion, par celle votée le 22 septembre 2016 par le Grand Conseil en faveur de l’extension de la gare Cornavin : « PL 11912 ». C’est exactement ce qu’il s’est passé.
Le Parlement genevois a entériné un projet concocté par des fonctionnaires, lesquels sont par définition dépourvus de toute légitimité démocratique, sans en analyser toutes les conséquences. L’aberrant concept ferroviaire qui en découle conduira à une dérive financière de plus de 4 milliards !
Le choix du Parlement genevois est-il sage ? Fait-il preuve de responsabilité ?

Écrit par : Matthey | 18/09/2017

"Regardez bien le temps qu’il faut, dans une démocratie comme la nôtre pour élaborer – ou pour amender – une loi conforme au consentement populaire."

Bien vu Matthey ! Car lorsque la loi en question est finalement votée, elle ne correspond plus du tout au besoins avérés et à la volonté manifestée.
Et nous ne parlons ici que de l'aspect temporel.

Si nous analysons un peu plus profondément les divers travaux, tant des experts que de nos députés commissaires de milice, alors on finit par s'arracher les cheveux devant tant d'incompétence, et d'intérêts inavouables qui viennent pervertir l'idée dans son fondement.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/09/2017

La revue "Itinéraire" du TCS du mois de septembre propose un interview de la président du Conseil d'administration de l'aéroport, Mme Corine Moinat qui explique notamment "...la croissance... beaucoup plus importante et rapide qu'on le prévoyait...) et le "...besoin d'une gare dynamique".

Un cul de sac ne pourra jamais être dynamique.

Le TCS ne peut décemment pas s'opposer au principe d'une traversée du Lac, mais devrait au moins se pencher sur les projets Weibel pour leur donner un peu plus de visibilité. En toute impartialité et dans le souci de respecter ses membres qui demandent une analyse objective et non complaisante des diverses options.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/09/2017

En 2001 déjà. Voici un communiqué de presse de l'Aéroport.

26.06.01
L'AIG soutient la création d'un réseau ferroviaire express régional

La Direction de l’Aéroport International de Genève communique :
A l'occasion de sa séance du 22 juin 2001, le conseil d'administration de l'Aéroport International de Genève (AIG) a été informé du projet de création d'un réseau ferroviaire express régional (RER) incluant la liaison La Praille - Les Eaux-Vives.
Ce projet, piloté par le Conseil d'Etat, s'inscrit dans la volonté de faire bénéficier un large bassin de population dont Genève se situe en son centre, d'une desserte du type RER rapide et confortable, en faisant abstraction des frontières.
La réalisation de ce réseau intéresse au plus haut point l'AIG qui, selon les engagements qu'il a pris à l'occasion du renouvellement de sa concession fédérale d'exploitation, entend favoriser l'usage, tant par les passagers que par les employés, des transports publics pour accéder à l'aéroport.
La liaison La Praille - Les Eaux-Vives est le maillon manquant dans le réseau ferroviaire franco-valdo-genevois dont le raccordement Cornavin-Cointrin, mis en service en 1987, constitue une pièce maîtresse. L'AIG rappelle que la prolongation projetée par les CFF de ce raccordement en direction de Versoix est également à même d'améliorer la desserte ferroviaire de l'aéroport.
L'Aéroport International de Genève désire intensifier sa collaboration avec les Chemins de fer fédéraux et apporte son soutien sans réserve au projet de RER qu'il souhaite voir réalisé dans les meilleurs délais par le Conseil d'Etat avec l'aide de la Confédération et des CFF.

Écrit par : weibel | 29/09/2017

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