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03/10/2017

Des faits, rien que des faits

Je reporte ici tous les passages du Rapport de synthèse des études de faisabilité de mars 2011, portant sur la traversée du lac et le contournement est de Genève, édité par le DCTI le 28 mars 2011, comportant la notion de Variante 3c. J’insiste, ce n’est pas du cherry picking.

 

Au chapitre 5. Etude préliminaire de circulation et de trafic :

Citation 1:

Les sous-variantes 3a et 3c avec respectivement un échangeur au bord du lac ou les deux échangeurs (lac et plateau de Frontenex), sont proches de la variante 1 en termes de trafic et de potentiel de report des autres ponts. Ces deux sous-variantes ont été retenues pour la suite de l’étude de tracé (page 14).

Citation 2:

La conclusion de ces premières analyses est la suivante :

En reprenant les hypothèses d’évolution de la mobilité utilisée dans le cadre du projet d’agglomération, les affectations des déplacements en automobile ont permis de :

  • ….
  • Retenir les variantes 1, 3a et 3c en raison de leur potentiel (page 15).

Citation 3:

La variante  3c est plus attractive grâce à sa jonction supplémentaire et se rapproche de la variante 1 en termes de structure de trafic. Elle réagit de manière similaire aux perturbations du réseau (page 17).

 

Au chapitre 19. Etude de modélisation des déplacements :

Citation 4:

En conclusion de cette première phase :

Les affectations des déplacements en automobile sur les traversées du Rhône et du lac ont permis de :

  • ….
  • Dégager les variantes 1 et 3c comme les plus favorables (page 151).

_____________________

 

Voici ce qu’en retient le « Conseil consultatif Traversée du lac » dans son rapport final du 25 septembre 2017, portant le titre Traversée du lac et bouclement autoroutier – traversée du lac en pont ou en tunnel ? Avis et recommandation du Conseil consultatif au Comité de pilotage Traversée du Lac.

De la variante 3c, il ne retient rien : la notion de variante 3c n’apparaît pas dans ce rapport. En revanche apparaît la notion de variante 3, au chapitre 4. Processus de formation de l’opinion du conseil consultatif, sous-chapitre Présentation de l’étude de faisabilité cantonale de mars 2011.

Pour en dire ceci :

Citation 5:

La variante 3 a été écartée pour les raisons suivantes :

  • Potentiel de délestage du centre-ville faible
  • Augmentation du trafic en rive gauche à l’approche du centre-ville
  • Décharge du réseau national moindre
  • Impact potentiel sur la nappe phréatique du Genevois (page 151).

 

La fidélité de cette présentation de l’étude de faisabilité cantonale, dans le cadre du processus de formation de l’opinion du conseil consultatif, se discute.

Il faut le rappeler ici : la variante 1 a été étudiée par le canton d’une part, par la Confédération d’autre part. Le tracé du canton a une longueur de 14 km, son coût est évalué entre 3,0 et 3,5 milliards. Le tracé de la Confédération a une longueur de 15 km, son coût est évalué entre 4,2 et 5,0 milliards. A l’aune du projet cantonal, le tracé suivant la variante 3c, qui est celui de l’association GeReR-Genève Route et Rail, qui ne mesure que 9 km, coûterait (si le chemin de fer ne lui est pas associé) entre 1,9 et 2,2 milliards. A l’aune du projet de la Confédération, il coûterait entre 2,5 et 3,0 milliards.

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Commentaires

Je ne sais qui sont ces "experts" du conseil consultatif, mais j'observe que leurs conclusions en citation 5 sont parfaitement erronées. Et c'est un professionnel de la conduite dans notre canton depuis 40 ans qui le dit.

- Potentiel de délestage du centre-ville faible
c'est l'inverse. Le projet 1 ne permettra pas de délester le centre. Aucun automobiliste ne sera prêt à monter à la Pallanterie pour traverser le lac et à plus forte raison si, comme prévu, la traversée sera payante. La traversée autoroutière est un ouvrage dédié au trafic international de transit et n'aura pour ainsi dire aucun impact sur la saturation du trafic en ville.

- Augmentation du trafic en rive gauche à l'approche du centre-ville
Les seuls concernés sont les habitants de Collonge-Bellerive à Hermance ainsi que les frontaliers. Tous rejoindront l'échangeur de Malagnou pour traverser plus facilement.

- Décharge du réseau national moindre
Il eut été plus honnête de parler de réseau international au vu de la configuration de notre canton. Les vaudois qui travaillent sur la rive gauche à Genève emprunteront tous la traversée version 3c. En revanche, il n'est pas certain qu'ils soient intéressés par la variante 1.

- Impact potentiel sur la nappe phréatique du Genevois
Le tracé 3c tient compte de cet impératif et contourne la nappe. En revanche, il y fort à parier que la variante 1 rencontre de nombreuses oppositions des milieux de la protection de la nature et de l'environnement car le tracé passe par diverses nappes et autres cours d'eau d'importance.

J'observe qu'ici, comme dans le cadre des travaux sur les lois sur les taxis, la présentation qui doit permettre la formation de l'opinion du conseil consultatif est biaisée à la base. L'ensemble des travaux en est affecté.
Mais j'ai finit par comprendre que ce qui semble justifier cette fuite en avant un peu désespérée provient vraisemblablement d'engagements ou de promesses de contrats juteux avec retours d'ascenseurs. Bref, business as usual.

Écrit par : Pierre Jenni | 03/10/2017

Ce qui m'a surtout frappé, dans la mention d'un éventuel problème de nappe phréatique, c'est que cet aspect n'a absolument rien à faire dans ce contexte qui traite de trafic.

Vous avez bien sûr raison de contrer l'argument en avançant que la variante 1 sera certainemnt aussi confrontée à des difficultés de cette sorte.

Mais ce que qui me paraît le plus importnant, c'est de relever la vacuité des arguments qui s'opposent au tracé 3c. Quand ses adversaires en sont réduits à glisser dans un débat qui porte sur le trafic un élément qui n'a rien à y faire, ils trahissent leur faiblesse, et leur désarroi.

Écrit par : weibel | 03/10/2017

C'est plus que de la vacuité, ce sont des contre-vérités. On se demande ce que cherchent à nous vendre nos élus pour se prostituer pareillement.
Et je n'ose imaginer les excuses qu'ils nous trouveront lorsque tout tombera à l'eau.

Écrit par : Pierre Jenni | 03/10/2017

En fait cela confirme mon impression que nos représentants sont des gens simples qui se contentent de la visibilité accrue que leur offre un mandat de service public. Ils brassent de l'air, sans même s'en rendre compte. Mais peu leur importe car ils ont l'impression d'être importants, nécessaires.
Vivement la suppression de l'échelon parlementaire, la délégation de notre pouvoir, par l'arrivée des outils numériques que sont le P2P, la blockchain et les applications décentralisées.
On va enfin pouvoir se passer de tous ces intermédiaires opportunistes qui se sucrent au passage sans apporter la moindre valeur ajoutée.
https://www.wired.com/story/ray-dalio-principles/?mbid=email_onsiteshare

Écrit par : Pierre Jenni | 03/10/2017

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