25/01/2018

La chimérique stratégie ferroviaire du Conseil d'Etat

Le Conseil d'Etat promet bien plus qu'il ne peut.

La Confédération a lancé la procédure de consultation publique de son projet pour la prochaine étape de PRODES - PRojet de DEveloppement Stratégique de l'infrastructure ferroviaire. Cette prochaine étape porte jusqu'en 2035: en principe, elle devrait être réalisée, achevée, en 2035.

La Confédération mène l'étude du système des grandes lignes, les canton se concentrant sur le système régional. 

Le Conseil d'Etat vient de rendre publique sa réponse. En toute logique, il appuye sa position sur une vision à plus long terme que 2035, puisque ce qui doit être réalisé d'ici 2035 sera partie d'un système qui ne sera achevé qu'en 2050. Le Conseil d'Etat présente donc un document intitulé "Stratàégie cantonale "FER 2050", ou aussi "Stratégie ferroviaire 2040-2050".

Dans ce document, cette carte, où seul le réseau régional est représenté :

Pour agrandir l'image, cliquer sur elle

 

2017.12.20 Conseil d'Etat Consultation OFT Offre RER.jpg

En 2050, ce seraient chaque heure 32 trains régionaux qui quitteraient la gare de Cornavin:

  • 4 départs de la ligne Bernex-Zimeysa (en jaune) en direction de Bernex, 4 en direction de Zimeysa
  • 4 départs de la ligne Annemasse-Zimeysa (en rouge) en direction d'Annemasse, 4 en direction de Zimeysa,
  • 4 départs de la ligne Coppet-La Plaine (en violet) en direction de Coppet, 4 en direction de La Plaine,
  • 2 départs de la ligne Annemasse-Nyon  (en vert) en direction d'Annemasse, 2 en direction de Nyon,
  • 2 départs de la ligne Aéroport-Nyon (en vert également) en direction d'aéroport, 2 en direction de Nyon.

Cornavin devrait en outre accueillir des trains de grande ligne et des trains de marchandises. Pour en savoir plus, il faut se référer au document suivant, dessiné par les CFF, validé par la direction générale du projet.

 Pour agrandir l'image, cliquer sur elle

2017.06.16 CFF Schéma d'offre après demain.jpg

Devraient ainsi s'ajouter au départ de Cornavin 29 trains:

- 10  départs de grande ligne Lausanne-Genève-Aéroport (en rouge) en direction d'Aéroport, 10 en direction de Lausanne,

- 3 départs de grande ligne Bellegarde-Cornavin (en rouge) (ces trains ne traversant pas Cornavin),

- 2 départs d'Express régionaux Bellegarde-Genève (en vert) (ces trains ne traversant pas Cornavin), et enfin

- 4 départs de trains Marchandises (en gris), 2 vers Lausanne, 1 vers La Praille, et 1 vers La Plaine.

 

Au total, 32 départs de trains régionaux, 25 départs de trains de "Grandes lignes", 4 de trains de marchandises, en tout 61 départs de Cornavin par heure.

 

Or la capacité de la gare de Cornavin a été calculée par les experts mandatés par la Confédération, le canton, la ville et les CFF dans le cadre de l'arbitrgae sur la faisabilité de l'extension souterraine de Cornavin (Bureau Citec et EPFL/LITEP-Professeur Tzieropoulos).

Pour agrandir l'image, cliquer sur elle

2016.08.02 Capacité Cornavin EPFL - CITEC.jpg

La 1ère vignette montre qu'au moment de la mise en service du CEVA, prévue alors en 2017, la capacité de la gare de Cornavin dans son état actuel est suffisante.

La 2ème vignette montre la capacité de la gare après la 1ère étape d'extension souterraine de Cornavin, qui comprend un quai et deux voies (coût estimé 1,65 milliards).

La 3ème vignette montre la capacité de Cornavin après la 2ème étape d'extension souterraine, comprenant un second quai souterrain et deux voies supplémentaires (coût supplémentaire estimé à 1,0 milliard).

 

Ainsi, la capacité de Cornavin, même après y avoir dépensé 2,65 milliards, après avoir éventré le quartier de Cornavin pendant deux décennies, ne sera que de 48 départs par heure, alors qu'on en attend 61! qu'on en promet 61!  Ce n'est pas rien: il en manque 13, soit 27 %! 

Cette constatation est basée exclusivement sur des données officielles, émanant directement de l'Etat, des CFF, ou alors d'experts mandatés en commun par la Confédérartion, le canton, la ville et les CFF, également en commun. 

Il est temps de demander des comptes aux responsables de cette étonnante divergence entre la capacité annoncée (48 départs/heure possibles) et la capacité déclarée nécessaire (61 départs/heure nécessaires). Ou bien les experts qui ont calculé la capacité de la gare de Cornavin l'ont sous-estimée, ce qui rendrait inutile son extension, ou bien les auteurs du projet d'offre ne se sont pas rendus compte que l'offre promise dépasse de 27 % la capacité réelle de Cornavin, ce qui rendrait nécessaire la refonte complète du projet d'offre.

 

 

 Pour mémoire, le projet GeReR, solidement établi, solidement argumenté, qui ne nécessite ni extension de Cornavin ni Raquette, ne coûte donc que 740 millions, contre 4,65 milliards, très simple, réalisable en une dizaine d'années, sans éventrer le quartier de Cornavin, prévu depuis la création de la gare de l'aéroport, en 1987, espéré à plusieurs reprises par la Direction de l'aéroport, conforté par une étude commanditée par la CCIG, menèe entre 2008 et 2009 par le Laboratoire de la production d'architecture de l'EPFL ave le concours du Laboratoire d'intermodalité des transports et de planification, Professeur Tzieropoulos. 

2017.07.03  Schéma GeReR Rail Traversée non dessinée.jpg

 

2017.09.19 GeReR & Etat Capacités comparées sol. GeReR.jpg

Pour tous les détails sur le projet GeReR: www.gerer.ch

 

 

 

 

06:07 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

32+15+4=51 non ?

Écrit par : edlwane | 24/01/2018

à edlwane: vous avez bien sûr raison. L'erreur que j'ai commise porte sur le 2ème membre de l'addition: c'est 25, et non 15 qu'il faut additionner: les 10 départs en direction de l'aéroport, les 10 départs en direction de Lausanne, les 5 départs vers Bellegarde. Le total est bien de 61.

Cela fait plaisir de voir que quelqu'un me lit attentivement! merci.

Écrit par : weibel | 24/01/2018

Correction faite le 25 janvier à 6h11.

Écrit par : weibel | 25/01/2018

A considérer ces projets officiels on ne peut que se gratter la tête. Le projet GeReR paraît tellement plus fluide et fonctionnel. Evidemment est-il peut.être trop bon marché pour flatter les ego sourcilleux de nos dirigeants.

Écrit par : nEmo | 25/01/2018

Cher Monsieur PeRSONNE,

La seule explication que je trouve. Les fonctionnaires (de la Confédération et du canton), avec le concours des patrons et employés des CFF (qui n'ont pas pour tâche d'assurer le bien public, mais celle de défendre les intérêts de la société anonyme qui les emploie, les fonctionnaires ont tort de leur faire confiance pour assurer le bien public), ont mal fait leur boulot. Ils n'ont pas fait ce qu'on enseigne dans toutes les bonnes écoles de management et d'ingénieur lorsqu'il s'agit de trouver une solution à un problème complexe: d'abord inventer, ensuite inventer, et encore inventer une série de solutions, puis analyser les avantages et les inconvénients de chacune d'elles, afin de pouvoir les classer. Ces problèmes sont beaucoup trop complexes pour qu'on puisse d'emblée leur trouver LA solution!

Ces fonctionnaires n'ayant pas fait ce boulot, il m'était très facile de trouver au moins une solution qui soit meilleure. Il y en a peut-être de meilleures encore, mais la leur est certainement très médiocre (et encore, c'est une litote!).

Ces fonctionnaires n'ayant pas fait leur boulot craignent, à raison, pour leur emploi, ou au moins pour leur position. Celui qui sera le 1er à reconnaître sa faiblesse sera le plus fort!

Écrit par : weibel | 25/01/2018

Les commentaires sont fermés.