20/06/2018

Genevois qui avez décidé la traversée du lac, on tente de vous voler !

Les Genevois ont inscrit dans leur Constitution, en juin 2016, le principe d’une « traversée du lac permettant l’achèvement du contournement de Genève ».

Pour des raisons mystérieuses, l’administration dirigée par Monsieur Barthassat a imposé un tracé sorti de nulle part, décidé arbitrairement, dont la faisabilité avait été vérifiée quelques années plus tôt, mais pas l’intelligence, ni la qualité. Elle a obstinément refusé d’entendre la multitude de solides objections suscitées par ce tracé, objections de natures politiques, économiques, écologiques, techniques. Le projet s’est fracassé contre les écueils vers lesquels cette administration l’a précipité, entrainant dans sa perte celle de Monsieur Barthassat.  L’administration, elle, n’a pas coulé.

L’échec de Monsieur Barthassat est certainement dû, en partie au moins, à l’affaire de la traversée du lac. Mais c’est le tracé de la traversée qui a contribué à sa perte, pas son principe, que le peuple genevois avait inscrit deux ans plus tôt dans la Constitution. Ceux qui avancent aujourd’hui que le principe de la traversée du lac est mort avec l’échec de Monsieur Barthassat se trompent. Ou alors tentent-ils de renverser la décision que le peuple de Genève a inscrite dans sa Constitution !

2017.07.03  Schéma GeReR Autoroute et Rail ensembles.jpg

Le projet de contournement que je propose, comportant une traversée mixte du lac, routière et ferroviaire, soulagera massivement Genève de ses obsédants problèmes de mobilité, drainant hors de ville le trafic individuel, contribuant fortement à l’efficacité des transports collectifs (Genthod - Eaux-Vives en 5 minutes plutôt que 25 par Cornavin!), tout ça gratuitement pour la ville et le canton, parce que pris en charge par la Confédération.

Avant de déclarer morte la traversée du lac parce que Monsieur Barthassat s’y serait cassé la figure, il faudrait commencer par réfléchir pour trouver une bonne solution. Il y en a sans doute plusieurs, en tous cas plusieurs qui sont meilleures que celle qui a conduit Monsieur Barthassat à son échec: ce n'est pas difficile!

 

 

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Commentaires

Frédéric le Grand, roi de Prusse, a déclaré avoir gagné toutes ses batailles, sauf celle qu'il avait engagée contre son administration.

Contrairement à un Conseiller d'Etat, ça ne lui a pas coûté sa charge, qui n'était pas élective.

Écrit par : weibel | 20/06/2018

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Je ne résiste pas à publier ici nos échanges de commentaires sur le blog de Nathalie Hardyn, représentante des milieux économiques genevois, qui nous assurait que le tracé n'était pas définitif.
http://nathaliehardyn.blog.tdg.ch/archive/2016/05/09/traversee-du-lac-bouclons-la-boucle-275924.html

Écrit par : Pierre Jenni | 20/06/2018

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Bravo! At last very good solution.Best regards from Jacek Zaleski Social IN3

Écrit par : Jacek Zaleski | 20/06/2018

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La traversée du lac, c`est vraiment devenu le serpent de mer genevois. Il n`y aura pa de traversée. Ni pont, ni tunnel, ni mixte. Non-seulement c`est un projet idiot, mais il y aura aussi de moins en moins d`argent en caisse du fait des aléas de l`économie mondiale. RIP traversée du lac.

Écrit par : Jean Jarogh | 21/06/2018

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Les bouchons vont continuer a empoisonner la vie des Genevois jusqu`a ce qu`ils n`en peuvent plus et alors tout le monde sera enfin d`accord pour prendre les seules mesures a la fois nécessaires et suffisantes: limitation drastique de la circulation automobile dans la zone-ville et gratuité des transports publics. On devrait y arriver dans les 5-7 ans a venir.

Écrit par : Jean Jarogh | 21/06/2018

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Sauf que les "seules mesures à la fois nécessaires et suffisantes" pour permettre "la limitation drastique de la circulation automobile dans la zone-ville" consistent principalement à détourner le trafic par une traversée.
Imaginez une seconde comment serait le port de Marseille sans son tunnel.

Écrit par : Pierre Jenni | 21/06/2018

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J'avais cru comprendre que personne n'était intéressé par une traversée ferroviaire du lac? Les CFF eux-mêmes sont complètement opposés (et pourtant les premiers concernés) et n'y voient, même à très long terme, aucun avantage. Pourquoi ajouter ceci qui augmenterai le coût, déjà élevé, d'une traversée routière du lac?

Écrit par : Alexandre Peyraud | 21/06/2018

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Il ne faut pas oublier que si les transports publics sont rendus gratuits et la circulation des voitures personnelles limitée, les gens (et pas seulement les jeunes) auront bien plus envie de marcher ou de pédaler en ville (surtout que le prix des vélos électriques va beaucoup baisser. Ca fera aussi beaucoup baisser les couts de la santé (plus d`activité physique, moins de pollution et moins de stress). Actuellement, Geneve est malade de sa dépendance psychique par rapport a la bagnole, en partie par pure flemme, en partie par gout de la frime (ah que ma bagnole est plus belle que la tienne...).

Écrit par : Jean Jarogh | 21/06/2018

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Monsieur Peyraud,
1. Je conteste que personne ne soit intéressé à une traversée ferroviaire du lac. Ce qui est en revanche vrai, que je trouve aberrant, c’est que l’Etat de Genève et la Confédération se sont attelés à l’étude d’une traversée autoroutière du Lac sans même imaginer de lui associer le chemin de fer. Leurs mains gauches à tous les deux ignore ce que font leurs mains droites : aujourd’hui !
2. Je ne dispose d’aucun indice que les CFF se soient opposés à une traversée ferroviaire du lac. De toute manière, les CFF ne sont plus concernés par ces questions d’infrastructure, ils n’en paient plus un centime. Et s’ils ne veulent pas exploiter une ligne qui relierait en direct la côte vaudoise au centre en rive gauche de Genève, à Thonon, à la Savoie, la Confédération en accordera la concession à une autre compagnie, la SNCF par exemple.
3. Oui, bien sûr, la traversée ferroviaire du lac augmenterait le montant de l’investissement nécessaire à une traversée routière. Mais je demande qu’on étudie si cet investissement supplémentaire, qui ferait que le trajet des très nombreux pendulaires qui font tous les jours le voyage de la rive droite du lac à la rive gauche de Genève, et plus loin la Haute-Savoie, serait réduit d’une vingtaine de minutes par rapport au détour par Cornavin, n’en vaudrait pas la peine, notamment parce que ce trajet nettement plus court renforcerait le système de transport collectif par rapport au trafic motorisé individuel.

Écrit par : weibel | 21/06/2018

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Pour ma part, je persiste à penser que creuser un tunnel sous la rade, à l'exemple du tunnel sous la Manche ou de celui qui permet d'atteindre l'île où se situe le cap nord (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_du_Cap-Nord) serait la solution idéale.

Écrit par : Mario Jelmini | 21/06/2018

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Sans prendre parti pour ou contre une voie ferrée pour la traversée du lac, je vous certifie que les CFF ont répondus à une réunion où j'étais qu'ils n'étaient pas intéressés, et au contraire, pensaient qu'il serait complètement superflus qu'il y ait une traversée ferroviaire sur la traversée du lac.

Ils défendent plutôt la revitalisation de la ligne du Tonkin pour finaliser une boucle autours du lac. Pour eux, une traversée à cet endroit et le gain de temps gagné entre les deux rives serait insignifiant dans le cadre d'un service global, autant que le bassin de population qu'il desservirait serait insuffisant (argument actuel mis en avant par le Fédéral pour justifier son inintérêt actuel de la traversée du lac en regard de son coût).

Pour la partie ferroviaire, je vous laisse aller vous renseigner auprès du porte-parole des CFF qui vous le confirmera.

Ainsi, se battre pour une telle option serait se faire rapidement désavouer par les principaux intéressés et perdre rapidement en crédibilité pour le reste des suggestions.

Et je reprécise que je ne prends pas partie, j'explique un fait connu.

Écrit par : Alexandre Peyraud | 21/06/2018

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Eh oui... Quand a faire un tunnel ou pont lacustres rien que pour les bagnoles, ce serait se ruiner pour rien car, dans un premier temps, cela ne ferait qu`attirer encore plus de voitures sur la zone et, dans un deuxieme temps, on sera de toute maniere obligé a terme de limiter la circulation des voitures a Geneve tout en développant au maximum les transports publics.

Écrit par : Jean Jarogh | 21/06/2018

Mais Monsieur, je vous crois volontiers. Il se trouve qu'à moi, les CFF n'ont jamais fait état d'une quelconque position quant à une traversée ferroviaire du lac, et que je n'ai lu nulle part qu'ils auraient adopté une quelconque position à ce sujet.

Ceci dit. Il n'est pas nécessaire d'être grand clerc, ni même modeste ingénieur comme moi, pour se rendre compte qu'une traversée du lac comme celle que j'esquisse permettrait à un pendulaire habitant Versoix, ou Coppet, ou Nyon, ou Lausanne (comme vous ne sauriez l'ignorer, ils sont nombreux) de rejoindre les Eaux-vives ou Champel en 15 à 20 minutes de moins qu'en devant faire le détour par Cornavin - Lancy.

Je vous rappelle que le trajet Lausanne-Cornavin se fait en 35 minutes. Alors, constater que le trajet Lausanne - Eaux-Vives peut se faire en 35 minutes par le lac plutôt qu'en 50 minutes par Cornavin (presque 50 % de plus !) devrait susciter votre intérêt. C'est vous, citoyen engagé, qui devez faire de tels raisonnements, très simples, et devez refuser d'accepter sans esprit critique les affirmations des représentants d'une société anonyme.

Les CFF ne défendent pas forcément l’intérêt public ! ils défendent les leurs. C’est ce qu’ont voulu les politiques, dans une perspective libérale, qui en ont fait une Société anonyme.

C'est bien ainsi, mais pour autant que vous, les politiques, en soyez conscients.

Écrit par : weibel | 21/06/2018

A tout l'argent qu'aura coûté à la Confédération la construction du CEVA, je ne sais si Berne sera d'accord de payer encore un tracé certes très intéressant, mais un peu doublon par rapport au CEVA, notamment pour les Eaux-Vives. Il aurait peut-être mieux valu que le projet du CEVA soit abandonné pour ne construire que cette traversée, et une traversée uniquement ferroviaire, ceci afin d'éviter d'attirer encore plus de voitures obstruant le canton à long terme.

Écrit par : Major Davel | 21/06/2018

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Oui, c'est juste, il y a un indéniable carambolage des priorités. Mais comment l'éviter?

Les citoyens genevois, s'ils sont cohérents, ce dont je ne doute pas, voudront la traversée qu'ils ont inscrite dans leur Constitution. La Confédération s'est montrée ouverte à son inscription dans l'arrêté sur le réseau des routes nationales, ce qui me paraît raisonnable pour un ouvrage qui raccorde très directement les deux réseaux autoroutiers nationaux. L’intérêt s’étend bien au-delà du seul canton de Genève. Si je ne me trompe pas, les choses vont aller de l'avant sur cet axe.

Alors se pose immédiatement, à mes yeux, mais je me sens un peu seul sur ce plan, la question suivante: si une traversée autoroutière doit se réaliser, ne serait-il pas opportun d'examiner s'il n'y a pas lieu de lui associer le ferroviaire pour étoffer son réseau, et pour, le cas échéant, réduire les impacts environnementaux des chantiers, des ouvrages terminés et les coûts.

Je trouve que la question mérite d'être posée, et mérite une étude. Ce que je crois avoir déjà montré, c’est qu’une telle association est techniquement possible, sur le tracé que j’ai esquissé.

Écrit par : weibel | 21/06/2018

De mon point de vue il ne fait aucun doute que dès lors que le projet d'une traversée routière est engagé, il faut étudier la faisabilité de lui adjoindre le férroviaire pour pouvoir au mieux profilter de l'investissement qui sera conséquent. C'est une question de bon sens. Le projet Weibel mâche ce travail en ayant le grand avantage de partir non pas d'une feuille blanche mais d'une idée solide, étudiée, et chiffrée. Ce qui me semble inconpréhensible c'est qu'aucun politicien d'envergure nationale au au moins disposant de solides réseaux à Berne et dans l'arc lémanique ne s'empare du projet pour le porter plus loin. Peut-être qu'à défaut des genevois, des politiciens vaudois pourraient lui rendre meilleur service, car les vaudois sont aussi concernés au premier chef par cette problématique ?

Écrit par : Nicolas Destrez | 02/07/2018

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