10/09/2018

A Madame la Conseillère fédérale

A Madame Doris Leuthard

Conseillère fédérale,

Cheffe du Département des transports, de l’énergie et de la communication

3003 Berne

 

Concerne : les dépenses fédérales en infrastructures ferroviaires à Genève sont folles. Le DETEC en porte la responsabilité.

 

Madame la Conseillère fédérale,

 

La dérive que cautionnent vos services dans le cadre de l’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève fait craindre un véritable naufrage.

Le 7 décembre 2015, une Convention-cadre engageant la Confédération, le canton de Genève, la ville de Genève et les CFF a été signée. Elle porte sur l’étude, la réalisation et le financement d’un projet de substitution au projet décidé par l’Assemblée fédérale. Il s’agit de substituer à la solution initialement prévue de création en surface de 4 voies supplémentaires en gare de Cornavin une solution qui consiste à réaliser cette extension en sous-sol, faisant passer le devis de 790 millions consenti par l’Assemblée fédérale à 2,67 milliards, sans que l’Assemblée fédérale ait été consultée.

La Convention-cadre prévoit de fractionner la réalisation de cette extension en deux étapes. La 1ère étape est devisée à 1,67 milliards, dont la Confédération prendrait en charge au moins 1,09 milliards. J’écris au moins 1,09 milliard parce que Genève compte se voir rembourser environ 500 millions lors de la 2ème étape, au motif que celle-ci éviterait la nécessité d’un saut-de-mouton à Châtelaine, qui ne fait pas partie de l’extension de la capacité du nœud de Genève.

En outre, c’est en tous cas l’avis de Genève, la seconde étape, de 1,0 milliard, sera entièrement payée par la Confédération. Celle-ci s’est ainsi engagée dans une opération de 2,67 milliards. De l’avis de Genève, l’entier de cette dépense devra être à la charge de la Confédération. Ça se débattra sans doute. Ce qui est certain, c’est :

  • la Confédération s’est engagée dans cette opération sans savoir ce qu’il lui en coûtera,
  • le montant inscrit dans la cadre du crédit d’engagement pour l’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève voté par l’Assemblée fédérale n’est que de 790 millions (Arrêtés fédéraux du 17 et du 21 juin 2013),
  • mon projet de boucle ferroviaire par l’aéroport, estimé à 740 millions, permet d’éluder toutes ces dépenses de 2,67 milliards.

Ne serait-ce que pour cette dernière raison, vos services doivent aux contribuables de la Suisse entière, qui participent tous au financement des infrastructures ferroviaires à Genève, d’organiser une comparaison effective des deux solutions.

Mais ce n’est pourtant pas tout ! Mon projet résout aussi, complètement, le problème de l’insuffisance de capacité de la gare de l’aéroport, et de la ligne qui relie actuellement l’aéroport à Cornavin.  Vos services, eux, envisagent de résoudre cette insuffisance de capacité  par une seconde gare de l’aéroport, souterraine, et une nouvelle ligne entièrement souterraine reliant l’aéroport à Cornavin en passant par Les Nations, le tout pour 2,0 milliards.

Ainsi, ce ne sont pas à 2,67 milliards qu’il faut comparer les 740 millions de mon projet, mais bien à 4,67 milliards. La différence, 3,93 milliards, ne constitue pas un investissement, elle est jetée par les fenêtres. A peine dépensée, elle ne vaut plus rien.

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ce message, je vous prie de croire, Madame la Conseillère fédérale, à l’expression de ma plus parfaite considération.

 

Rodolphe Weibel

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Commentaires

Merci pour votre persévérance.
Si j'ai bien compris votre explication les projtst des Autorités genevoise visent à faire tourner de nombreux trains autour du nombril du Monde.
C'est absurde, ruineux et ressemble au mieux à la mère des "genfereien".
Pendant ce temps notre brillante presse locale disserte sur l'affaire d'Abou Dhabi et le sexe des anges.

Écrit par : nEmo | 10/09/2018

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Oui et non. Mon article ne dénonce pas une Genferei. Il dénonce l'impéritie de deux offices fédéraux en charge de veiller à une utilisation efficace des deniers publics dans la mise en place des infrastructures ferroviaires: l'Office fédéral des transports et celui du développement territorial. A moins de cas très particuliers, c'est depuis 2014 (FAIF) la Confédération qui paie les infrastructures ferroviaires. Genève, son administration, ses entrepreneurs, ses ingénieurs, n'ont par conséquent pas pour vocation d'économiser. Un précédent directeur de la mobilité genevoise l'a candidement déclaré: c'est bon pour Genève si la Confédération y dépense beaucoup. Je ne pense par que ce soit une genferei, je suis sûr qu'on peut entendre ce raisonnement dans tous les cantons.

Mai c'est évidemment une bêtise qu'il a proférée. Si cette pratique était adoptée, l'Etat ferait faillite rapidement. L'économie de l'Etat doit passer avant le gain de ses entrepreneurs.

Il est donc essentiel qu'un organisme doté d'un réel pouvoir soit mis en place pour éviter les dérives; doté d'un réel pouvoir, et de réelles compétences. Je crains hélas qu'aucun des deux offices que je mentionne disposent de ces qualités en suffisance.

Écrit par : weibel | 10/09/2018

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