26/09/2018

La traversée du Lac? Oui, autrement!

Les premiers poids lourds électriques, alimentés par de l’hydrogène, ont fait leur apparition sur les routes suisses. Il est probable que leur vitesse, des camions, des autocars et autobus, se rapprochera encore sur les autoroutes de la vitesse des automobiles légères, 120 km/heure. La conduite de tous les véhicules deviendra automatique, ce sera d’autant plus facile lorsque tous rouleront à la même vitesse. La distance latérale entre les véhicules pourra aussi sensiblement être réduite, comme celle qui sépare les véhicules qui se suivent. La capacité des autoroutes va de ce fait fortement augmenter, sans même qu’il soit nécessaire de beaucoup les élargir. Les nuisances environnementales, grâce aux batteries et aux piles à combustible seront, elles, fortement réduites.

Toutes ces évolutions peuvent se produire très progressivement, sans basculement des habitudes ni des modalités de paiement. Elles me paraissent probables, parce qu’elles peuvent se développer très « naturellement », si j’ose dire.

La route est aujourd’hui non sans raison haïssable, je comprends et partage ce constat. Peut-être ne le sera-telle plus demain, en 2040, lorsque la traversée du Lac à Genève sera réalisée ?

 

Alors, cette traversée du Lac  en 2040 ? il faut la vouloir dès maintenant !

 

Genevois, Genevoises, vous avez voté pour une traversée du Lac. Vos autorités (d’alors) vous ont trompés et trompées en prétendant, tant que le vote n’était pas acquis, que son tracé restait ouvert puis affirmant le contraire immédiatement après le succès du vote.

Vos autorités d’alors vous ont trompés parce qu’elles savaient que le tracé qu’elles avaient retenu était mauvais. La raison pour laquelle elles sont revenues sur leur promesse m’est inconnue, incompréhensible.

Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé. Le résultat est connu : tout le monde a pu se rendre compte du fait que le tracé retenu est mauvais. Géologie impossible, atteinte inqualifiable à l’environnement, lourdes nuisances aux voisins, surcharges de trafic dans les agglomérations voisines, réduction des meilleures terres cultivables. La nouvelle la plus invraisemblable a été communiquée lors d’une assemblée d’intéressés : les pentes de la traversée du Lac ne permettraient pas le passage des autobus.

 

Il faut donc reprendre le projet à zéro. Ça en vaut la peine, mais en mettant en place un contrôle serré de l’administration

Il faut mettre sur pied un système efficace de contrôle de l’administration. (pas  qu’à Genève, dans les autres cantons aussi, à la Confédération aussi, à la Confédération surtout).  

Les chambres américaines disposent de personnels scientifiques et techniques à même de les aider à saisir les enjeux. Il faut que les parlements suisses, l’Assemblée fédérale et les parlements cantonaux, disposent de tels appuis.

Il faut aussi informer les citoyens de manière continue sur l’avancement des processus d’invention et d’analyse des projets, de manière à permettre aux citoyens compétents en la matière de lever la main lorsqu’ils soupçonnent une dérive.

Et enfin, il faut absolument refuser que l’administration sorte un projet comme un prestidigitateur sort un lapin de son chapeau. Ce n’est pas comme ça qu’il faut aborder les problèmes complexes, mettant en jeu des quantités de données, de valeurs, de problématiques. Toutes les écoles de management et d’ingénieur enseignent la chose : il faut commencer par lancer des idées, sans préjugé, sans penser gagner du temps en se contentant d’en trouver peu. Dans le domaine du bâtiment, la pratique, excellente, est celle du concours, qui permet d’obtenir de telles idées. Ces idées, il faut les dessiner, les décrire, pour qu’elles soient correctement comprises, et les analyser sous différents angles, pour pouvoir les comparer sous ces différents angles. Pondérer les différents aspects pour donner de l’importance à ce qui doit en avoir. Pour les grands projets, ce processus doit être répété plusieurs fois. Chacune des étapes ainsi décrites peut donner l’occasion de faire une communication publique.

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Commentaires

M. Weibel,

Je lis votre blog assidument, d'après vous pourquoi les grands projets tels la traversée du lac ne font-ils pas l'objet d'une mise au concours ouverte aux bureaux d'ingénieurs et d'architectes ? Accompagnée d'une communication adéquate ces mise au concours permettrait d'informer la population des options possibles, et les autorités de sélectionner les meilleures propositions sur des critères techniques et financiers. Le peuple pourrait en bout de course se prononcer sur les deux ou trois projets finalistes, préalablement validés sur des critères objectifs par des experts travaillant pour l'administration.

Merci pour votre blog,
Avec mes meilleures salutations.

Écrit par : Nicolas | 27/09/2018

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Votre question est fort intéressante, et je partage parfaitement les arguments que vous avancez en faveur des concours. Je vois quelques pistes.

1. Il est indéniable que ces grands travaux ont un caractère politique particulièrement marqué. On peut raisonnablement considérer que les élus craignent que cet aspect ne soit pas, ou pas assez, pris en compte lorsqu'ils confient la tâche d'étude à des gens de science, de technique ou d'économie, sur lesquels ils n’ont en outre aucun pouvoir.

2. Les administrations sont, elles, constamment placées entre la logique politique des élus qui sont leurs patrons et celle de la rationalité économique-technique de l'affaire, qu'elles doivent en principe appliquer. C'est une situation très instable. L'une des conséquences possibles de cette situation d'instabilité, c'est une adhésion, discrète, d’une administration aux idées politiques d'un parti. Adhésion qu'elle ne peut pas rendre publique, parce qu'elle doit être au service de l'Etat, non d'un parti. Une telle administration ne souhaite pas l'intervention de gens de la technique sur des problèmes à forte connotation politique : leur demander de dessiner la forme d’un viaduc oui, de réfléchir à une traversée du lac, non : domaine réservé.

3. Par Internet, l'immédiate accessibilité des citoyens au travail de l'Etat change complètement le rapport entre eux. Il y a 30 ans, il m'aurait été impossible de connaître aussi intimement le fonctionnement de l'Etat sur des dossiers comme Cornavin ou la traversée du Lac. Et je n'aurais jamais pu disposer d'autant de données nécessaires à mon argumentation, à l'établissement de variantes. Les administrations n'ont pas encore réalisé à quel point cette évolution change la nature de leur relation avec les citoyens.

Mais ça viendra!

Écrit par : weibel | 27/09/2018

La question de temps est malheureusement très importante pour diverses raisons :
- Ce sont des travaux d'importance qui sont programmés des décennies à l'avance sans que nous sachions si l'évolution de moyens de déplacement correspondra encore au projet. Une date de 2040 pour la traversée du lac est une donne insaisissable.
- Les magistrats en charge lors de la votation sur un projet, ne sont plus là lorsqu'il s'agit de le mettre en oeuvre. Les lois votées sont contraignantes et réduisent considérablement la marge de manoeuvre du ministre en charge qui devrait d'abord passer par une proposition de modification du texte au parlement.
- La coordination entre le canton, la confédération et les services prend un temps fou et lorsqu'une décision est prise elle est pour ainsi dire irrévocable tant il a fallu dépenser d'énergie et de ressources pour en arriver là.
- Et lorsque la Confédération accepte le principe de financement, comme pour l'agrandissement de Cornavin pour ne donner que cet exemple, aucun magistrat n'oserait le remettre en question au risque de perdre cette manne très convoitée par les autres cantons.

A ce stade, je ne vois plus que la voie de l'initiative populaire pour forcer nos élus à prendre le risque de perdre ce financement par une énième Genferei, car les montants finaux des projets retenus sont tout simplement indisponibles et réduisent à néant l'impact attendu. Car sans les mesures connexes, le seul agrandissement de Cornavin ne sera que d'une utilité marginale. Le simple fait de lancer une telle initiative donnerait de la visibilité aux projets Weibel et donc mettrait en relief les incongruités des projets retenus.
En parallèle, un député devrait poser une question urgente au Conseil d'Etat pour obtenir des explications claires sur les dérives de ce dossier et les raisons pour lesquelles on ne parle pour ainsi dire jamais des options Weibel.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/09/2018

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Vous évoquez plutôt le problème de Cornavin que celui de la traverée du Lac.

Pour parler Cornavin: Je partage votre sentiment: pour éviter le désatre prévu à Cornavin, il faudra passer à une initiative poupulaire. Il faudrait s'y préparer dès maintenant, pour être prêt au moment le plus judicieux, qui sera je pense celui de la mise à l'enquête publique du projet.

Pour ce qui est du financement: La Confédération est formellement engagée pour un montant de 1,09 milliard. La solution de la boucle de l'aéroport, y compris les embranchements de Bardonnex et du Vengeron, je l'estime à 740 millions. Malgré la forme de chantage exercée par les auteurs du projet officiel (si ce n'est pas l'enfouissement de Cornavin qui se réallse, on reviendra à l'extension en surface, qui démolirait le bas des Grottes), je n'y crois absolument pas. Que ce soit l'extension en surface à Cornavin ou la boucle que je propose, dans les deux cas il faudra de nouveau 3 à 4 années d'étude (les deux soltions sont à peu près aussi coûteuses l'une que l'autre).

Les principaux arguments des initiants seront: 1. les chamntiers de presque 3 milliards en pleine ville, pendant deux décennies (1ère étape 1,67 milliards, théoriquement de 2024 à 2031, 2ème étape 1,0 milliard 2035 à 2045), 2. les chantiers de plus de 2,0 milliards entre Sécheron, Les Nations, la seconde gare, nouvelle, à l'éroport, de 2040 à 2050, 3. la dépense de 440 millions à charge du Canton, et celle de 110 millions à charge de la Ville.

Écrit par : weibel | 28/09/2018

Non, je parle financement. Tout est lié et les moyens font défaut. Si la traversée du lac telle que retenue par le CE n'est pas même évoquée par le ministre en charge c'est vraisemblablement parce que les propositions de M. Barthassat d'un partenariat public/privé n'a intéressé personne. On en revient donc à attendre que la Confédération valide ce crédit et on évoque 2040.
C'est donc circulez, il n'y a plus rien à voir.
Je ne sais s'il est possible d'allouer les ressources promises pour l'agrandissement de Cornavin à un autre projet et j'en doute. Nous prenons donc le risque de perdre cette somme. Mais c'est peut-être mieux ainsi car l'agrandissement de Cornavin sans le reste prévu ne sert pas à grand-chose.
Et comme le reste est mal fichu, on ferait mieux de reprendre à zéro.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/09/2018

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Je ne lâche pas.

Avant le 1er coup de pioche à Cornavin, il faudra voir le résultat des études d'êxécution, il faudra probablement passer par une augmentation du crédit, à Berne, au canton, à la Ville, il faudra ensuite passer par l'enquête publique, il faudra que la justice se penche sur les expropriations. Et il faudra voir comment les autres cantons réagiront à la débauche de moyens envisagés à Genève.

Que Genève risque de perdre 1,09 milliard? Mais non! si ce montant ne sert à rien, Genève n'aura rien perdu, voyons! genève aura économisé des chantiers inutiles!

Quant à la traversée du Lac, il était dès le départ parfaitement évident que les espoirs de Monsieur Barthassat n'avaient aucune chance de se réaliser. Une exception à l'interdiction des péages pour permettre à la seule Genève d'en bénéficier était évidemment invraisemblable. Quant à un PPP Partenariat Public Privé, il n'était pas nécessaire de mandater la banque Rotschild pour savoir qu'il ne serait possible que moyennant des garanties extrêmement soldides, et donc extrêmement coûteuses.

Non, à l'évidence, la traversée du lac sera payée par la Confédération, dont le compte routier regorge d'argent. Il faudra pour cela, c'est vrai, que Genève accepte les conditions que la Confédération imposera pour garantir l'équité à l'égard des autres demandes en Suisse. Mais il est un argument très fort pour que la Confédération accepte, c'est que les Genevois ont inscrit avec une forte majorité dans leur Constitution le principe de ce bouclement. Dans le canton de Vaud, pour citer un exemple, on est loin d'avoir réuni ne serait-ce qu'un début d'accord à propos du tronçon Villars-Sainte-Croix-Saint-Prex. Ce soutien de la population est une condition essentielle de la prise en charge par la Confédération d'un nouveau tronçon d'autoroute.

Reprendre à zéro? Oui, bien sûr, puisq'on est aujourd'hui à zéro. Le projet de tracé de 2011, que Monsieur Barthassat a cru bon de défendre bes et ongles, s'est révélé impraticable. Il faut donc recommencer à partir de ce moment: 2011. Mai seulement sur le plan technique. Sur le plan politique, l'article constitutionnel voté en 2016 représente une énorme avance.

Écrit par : weibel | 28/09/2018

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