06/10/2018

Traversée du lac, désormais 4 tracés. Ce n’est sans doute pas fini.

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Le TCS juge que le contournement autoroutier de Genève tel qu’il est prévu par l’Etat n’est pas satisfaisant. Il envisage de le perfectionner, par l’un ou l’autre des deux tracés dessinés sur cette carte en vert ou en bleu. Cette critique implicite du projet de l’Etat, évidemment également adressable au projet de l’OFROU, s’ajoute à toutes celles qui ont été émises déjà : les difficultés géologiques, les atteintes à l’environnement, la réduction des sols cultivables, l’inutilité d’un contour traversant des zones non urbanisées, le coût.

Il paraît de plus en plus évident que l’obstination de l’Etat à défendre le tracé sorti en 2011 de l’administration comme un lapin sort du chapeau d’un prestidigitateur l’a conduit dans l’impasse. Les citoyens, auxquels les autorités avaient promis, avant le vote de l’article constitutionnel, que le tracé de la traversée du Lac serait entièrement ouvert, perdent confiance : ils ont, immédiatement après leur vote,dû apprendre que le tracé de 2011 ne serait pas remis en question, qu’il était acté, puis ils ont découvert, au fur et à mesure de l’avancement de l’affaire, les obstacles considérables, voire rédhibitoires, contre lesquels se fracasse ce tracé.

L’insatisfaction du TCS est compréhensible. Mais il apparaît que sa méthode pour sauver le projet n’est pas la bonne.

Il faut revenir au stade établi à l’issue du vote constitutionnel, et suivre la démarche qu’on enseigne dans toutes les écoles d’ingénieurs ou de management  pour établir des très grands projets. De tels ouvrages sont si complexes, font intervenir de si nombreux paramètres et critères, de natures techniques bien sûr, mais aussi économiques, sociétaux, politiques, qu’il faut passer par une succession de processus d’analyse avant d’aboutir à une synthèse. Il faut 1) imaginer sans a priori une série de solutions, 2) les représenter suffisamment clairement pour qu’elles soient toutes susceptibles d’être comprises, 3) leur appliquer le filtre des critères énonçables à ce stade, et en retenir celles qui méritent d’être approfondies , 4) cerner les critères d’une seconde étape d’analyse, 5) développer les esquisses retenues sur la base de ces critères nouveaux, 6) comparer les projets ainsi établis, 7) etc. et enfin n) décider du tracé.

Un énorme avantage de cette procédure, c’est qu’elle permet d’informer les citoyens au fur et à mesure de l’évolution de l’étude, et ainsi les faire participer.

C’est long ? Mai non ! le tracé publié en 2011 va être jeté aux orties en 2018 !

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Commentaires

La meilleure solution serait une traversée Nyon-Yvoire, cela éviterait les sempiternels bouchons genevois et permettrait aux Khmers Verts de développer les tracés cycloterroristes à Genève ! Une ville sans voiture est une ville appelée à la faillite de ses commerçants et restaurateurs ! Le déclin genevois prend de l'ampleur en constatant le nombres de commerces et d'arcades désertes !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 07/10/2018

Ce n`est pas le vélo qui ruine le petit commerce mais les grandes surfaces et -le croiriez-vous?- l`impossibilité de se parquer a proximité des petits et moyens commerces du fait de la pléthore de voitures. Allez faire un tour a Amsterdam ou Copenhague, les commercants s`y portent a merveille.

Écrit par : Jean Jarogh | 08/10/2018

Cela ne se fera probablement pas mais, dans le cas contraire, ce serait la décision la plus catastrophique de l`histoire de Geneve. Un tel machin serait en effet le début de la mégalopolisation de la région genevoise qui se fondrait en une cité géante en quelques décennies avec tous les poisons environnementaux, logistiques et sociaux (notamment accumulation de la pauvreté et criminalité) que cela implique.

Écrit par : Jean Jarogh | 08/10/2018

Monsieur Jarogh, votre commentaire inspire une intéressante réflexion.

Une autoroute, structure primaire du système de mobilité, qui contourne une ville, avec ses jonctions proches l'une de l'autre, commencera par générer le long d'elle un cordon urbanisé. Ce cordon urbanisé périphérique de la ville laissera d'abord, en son intérieur, entre lui et la ville, des espaces libres, certes. Mais ces espaces seront inévitablement grignotés par extension simultanée de la largeur du cordon d'une part, de la ville d'autre part.

Le projet d'achèvement du contournement autoroutier de Genève tel qu'il est projeté par l'Etat, décrivant ce long détour par la Pointe à la Bise et la campagne genevoise, risque d'amorcer le développement d'une métropole s'étendant entre la ville actuelle et le cordon de l'autoroute.

L'idée exprimée par le TCS d'englober Annemasse dans le cordon autoroutier périphérique, aurait pour effet d'étendre encore la métropole que vous craignez.

Le tracé de l'autoroute de contournement pourrait comme vous le dites déterminer l'avenir de l'urbanisation de Genève.

Merci de votre excellent commentaire.

Écrit par : weibel | 08/10/2018

Vous en savez beaucoup plus a ce sujet que moi, Monsieur Weibel. Les professionnels comme vous devraient avoir beaucoup plus de poids dans les décisions d`urbanisme et les divers lobbies (industriels, automobile ou autres) beaucoup moins.

Écrit par : Jean Jarogh | 08/10/2018

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