18/12/2018

Aux habitants des Grottes

Habitants des Grottes,

Les autorités le savaient, les administrations le savaient, celles de la Confédération, celles du canton, celles de la ville, toutes le savaient. Lorsque vous vous êtes levés contre leur projet d’extension en surface de la gare de Cornavin, elles savaient qu’une autre solution avait été prévue, dès 1980, plusieurs fois rediscutée au Grand Conseil, retravaillée en 2009 par une  étude de l’EPFL (Professeur Gugger).

Cette solution, vous la connaissez désormais : la boucle de l’aéroport. Elle résoudrait, immédiatement et pour longtemps, le problème de capacité du nœud de Genève.

Autorités et administrations, avec la complicité technicienne des CFF, ont refusé de l’étudier.

Habitants des Grottes, le pire vous menace. Les chantiers que vous allez subir pendant une génération vont bouleverser votre quartier aussi sûrement que l’aurait fait celui contre lequel vous vous êtes battus.

La 1ère étape :

2018.12.17 Projet CFF Montbrillant Redessiné 2 voies.jpg

cliquer sur la carte pour l'agrandir

A peine cette étape achevée, il faudra passer à la seconde.

2018.12.17 Projet CFF Montbrillant Redessiné 4 voies.jpg

Habitants des Grottes, vous qui avez pu voir en suivant l’avancement du chantier du CEVA ce que signifie un chantier en pleine ville de 1,7 milliard, imaginez ce que vous devrez endurer : un premier chantier de 1,7 milliard suivi quelques années plus tard d’un second d’ampleur comparable, au même endroit, chez vous !

Si encore tout ça avait un sens ! ça n’en a aucun.

L’objectif, c’est de former l’ossature du réseau ferroviaire de Genève, assurant le trafic de grandes lignes et proposant un réseau régional complet, dense et fréquent. Or dans la perspective des autorités et des administrations, c’est la « raquette » qui réalisera cet objectif, et la « raquette » n’est pas réalisable sans la seconde étape d’extension de Cornavin.

La 1ère étape d’extension souterraine de Cornavin ne sert à peu près à rien tant que la seconde étape n’est pas réalisée, et une bonne desserte régionale de l’aéroport n’est pas possible sans la « raquette ». Et puisque la 1ère étape ne sert à peu près à rien, il serait possible, s'il le fallait fraiment, de s’en passer avant de réaliser le tout d’un coup, 10 ans plus tard, vous épargnant la succession des deux chantiers au même endroit. S'il le fallait vraiment! Rien dans toute cette histoire ne tient debout.

Habitants des Grottes, le pire menace votre quartier et la qualité de votre vie pendant les prochaines décennies. Oui, bien sûr, vous serez malheureux de ne pas avoir gagné tout le match, mais seulement le 1er round, lorsque vous avez obtenu que la solution en surface soit abandonnée. Mais l’enjeu en vaut certainement la peine.

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Commentaires

Je crains que les habitants des grottes d'aujourd'hui ne soient plus de la même trempe que ceux de l'époque des squats et des revendications d'antan.
Les politiciens et la politique non plus d'ailleurs.

Écrit par : Mère-Grand | 18/12/2018

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On demande aux "genevois" habitants de Genève, de financer tout le réseau ferroviaire qui va continuer à détruire leurs emploies! C'est ça l'avenir!

Écrit par : Dominique Degoumois | 19/12/2018

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Monsieur Degoumois,

Désormais, c'est en principe la Confédération qui paie les infrastrutrures ferroviaires. En principe: seuls des dessertes dites "capillaires", très fines, ne le sont pas.

Il y a en revanche des cas particuliers: lorsque un canton ou une ville impose une infrastructure dont la Confédération ne veut pas, ou dont la Confédération n'accepte pas la forme. L'exemple immédiat: à Genève, la Confédération était d'accord de payer une extension en surface de Cornavin, elle a refusé de payer l'entier de l'enfouissement en sous-sol de cette extension.

Pour la 1ère étape d'extension (1,65 milliards), elle a pris encharge 1,1 milliard, la ville doit payer 110 millions, le canton 540. Pour la seconde étape (1,0 milliard), la répartition des coûts n'est pas encore décidée. En théorie, la ville et le canton devaraient à nouveau être appelés à participer, puisqu'une partie des coûts est due à l'enfouissement.

Écrit par : weibel | 19/12/2018

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