• Aux habitants des Grottes

    Habitants des Grottes,

    Les autorités le savaient, les administrations le savaient, celles de la Confédération, celles du canton, celles de la ville, toutes le savaient. Lorsque vous vous êtes levés contre leur projet d’extension en surface de la gare de Cornavin, elles savaient qu’une autre solution avait été prévue, dès 1980, plusieurs fois rediscutée au Grand Conseil, retravaillée en 2009 par une  étude de l’EPFL (Professeur Gugger).

    Cette solution, vous la connaissez désormais : la boucle de l’aéroport. Elle résoudrait, immédiatement et pour longtemps, le problème de capacité du nœud de Genève.

    Autorités et administrations, avec la complicité technicienne des CFF, ont refusé de l’étudier.

    Habitants des Grottes, le pire vous menace. Les chantiers que vous allez subir pendant une génération vont bouleverser votre quartier aussi sûrement que l’aurait fait celui contre lequel vous vous êtes battus.

    La 1ère étape :

    2018.12.17 Projet CFF Montbrillant Redessiné 2 voies.jpg

    cliquer sur la carte pour l'agrandir

    A peine cette étape achevée, il faudra passer à la seconde.

    2018.12.17 Projet CFF Montbrillant Redessiné 4 voies.jpg

    Habitants des Grottes, vous qui avez pu voir en suivant l’avancement du chantier du CEVA ce que signifie un chantier en pleine ville de 1,7 milliard, imaginez ce que vous devrez endurer : un premier chantier de 1,7 milliard suivi quelques années plus tard d’un second d’ampleur comparable, au même endroit, chez vous !

    Si encore tout ça avait un sens ! ça n’en a aucun.

    L’objectif, c’est de former l’ossature du réseau ferroviaire de Genève, assurant le trafic de grandes lignes et proposant un réseau régional complet, dense et fréquent. Or dans la perspective des autorités et des administrations, c’est la « raquette » qui réalisera cet objectif, et la « raquette » n’est pas réalisable sans la seconde étape d’extension de Cornavin.

    La 1ère étape d’extension souterraine de Cornavin ne sert à peu près à rien tant que la seconde étape n’est pas réalisée, et une bonne desserte régionale de l’aéroport n’est pas possible sans la « raquette ». Et puisque la 1ère étape ne sert à peu près à rien, il serait possible, s'il le fallait fraiment, de s’en passer avant de réaliser le tout d’un coup, 10 ans plus tard, vous épargnant la succession des deux chantiers au même endroit. S'il le fallait vraiment! Rien dans toute cette histoire ne tient debout.

    Habitants des Grottes, le pire menace votre quartier et la qualité de votre vie pendant les prochaines décennies. Oui, bien sûr, vous serez malheureux de ne pas avoir gagné tout le match, mais seulement le 1er round, lorsque vous avez obtenu que la solution en surface soit abandonnée. Mais l’enjeu en vaut certainement la peine.

  • A la gare des Eaux-Vives, la grande déprime des commerçants

    Fréquentation en baisse, chiffre d’affaires en chute libre et, parfois, abandon, les restaurateurs autour du chantier du CEVA ont le moral en berne.

     

    «Commerces ouverts», indique un panneau au seuil de l’avenue de la gare des Eaux-Vives. Une information qui n’est pas de trop tandis que l’on contemple le triste spectacle qu’offre cette rue emblématique du quartier de la rive gauche, surplombée par l’agence immobilière Bernard-Nicod. Trottoir à la limite du praticable, aucune place de parking à l’horizon et décor sinistré:  l’animation c’est du côté du chantier du CEVA, auquel l’artère fait face, qu’il faut la chercher.

     

    Fermeture de deux restaurants

     

    «Ce chantier a bousillé le quartier. Tout le monde pleure»,  se désole une cliente du Snack Bar en cet après-midi pluvieux. Et pour cause. 

    . . . 

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  • A Genève, les infrastructures ferroviaires coûtent 5 fois plus cher qu’à Zurich, qu’ailleurs en Suisse. A Genève, on ne compte pas !

    Domaine public vient de publier un article où Monsieur René Longet développe une comparaison entre le développement ferroviaire de Genève et celui de Zurich. https://www.domainepublic.ch/articles/34141

    Cette comparaison de l’approche genevoise et de la zurichoise est riche d’enseignements. Il lui manque toutefois un facteur fondamental.

    A Zurich vient de s’achever la Durchmesserlinie, qui comporte un saut-de-mouton. D’une longueur de 1'600 mètres, il passe à un endroit à près de 20 mètres de hauteur par-dessus un pont routier franchissant lui-même le faisceau des voies au sol. Réalisé dans l’encombrement des voies  existantes, il a coûté 203 millions, soit 127'000 francs par mètre.

    A Genève, il est envisagé de créer un tel saut-de-mouton à la bifurcation au Val Ombré : en arrivant de Cornavin, les deux voies de la ligne de La Plaine se séparent des deux voies de la ligne de l’aéroport.

    2018.10.24 Carte Saut-de-mouton Châtelaine Plaine.jpg

    Illustration.

    Le saut-de-mouton aura une longueur de 460 mètres, il passe lui aussi par-dessus une route, ici l’autoroute, mais celle-ci repose à cet endroit au fond d’une tranchée, ce qui fait que la hauteur du saut-de-mouton est de moins de 10 mètres seulement. L’espace nécessaire à son installation est déjà disponible, sans encombrement de voies. Sur la base du coût du zurichois, ce saut-de-mouton, relativement très simple, coûtera environ 60 millions.

     

    L’administration genevoise, elle, avance pour ce saut-de-mouton un coût de 280 millions, complètement déraisonnable, 5 fois plus que ce n’est raisonnable.

    2016.02.26 GrandConseil Rapport comm. coûts sauts de mouton.jpg

    Illustration: à gauche en haut: "Saut-de-mouton Horizon 2030 280 MF"

    Le cas décrit ici n’est qu’un exemple de cette déraison. Je pourrais en rappeler d'autres, des estimations de coûts dépassant même le facteur 5. Voyez le montant indiqué pour le saut-de-mouton envisagé à Sécheron!

    Cette illustration, un extrait de procès-verbal de séance d'une Commission du Grand Conseil, a été présentée par l'administration genvoise.

    Mais que se passe-t-il à Genève?


    Domaine public a publié une approche plus générale : https://www.domainepublic.ch/articles/32768

    Pour résoudre le problème de capacité de son noeud ferroviaire, moins d’un milliard suffiraient. Genève fait des projets estimés à 4,67 milliards, complètement déraisonnables, 5 fois plus que ce n’est raisonnable.

     

    Il sera de plus en plus difficile pour Genève d’obtenir que la Confédération y investisse dans le domaine ferroviaire. S’il manque à Genève des moyens financiers pour réaliser un réseau RER performant, ce n’est pas parce que l’argent manque. C’est parce qu’à Genève, on ne compte pas.