Tentative d'enfumage

2018.12.17 Projet CFF Montbrillant Redessiné 4 voies.jpg

On tente d’enfumer mon message. On répand l’idée qu’il serait inopportun de se battre aujourd’hui contre la 1ère extension souterraine de Cornavin, tout en assurant partager en tous points mes réflexions, et mes conclusions.

 

En substance, voici l’argumentation :

Une telle action, batailler contre la 1ère extension, serait de nature à froisser les autorités, les députés et conseillers municipaux de la Ville de Genève qui ont votés en septembre 2016, les administrations cantonale et fédérale qui les ont mal informés. Il vaudrait mieux laisser aller les choses, pour qu’elles se heurtent d’elles-mêmes à la réalité.

 

La mienne :

Je maintiens. Il faut tout faire maintenant pour éviter le désastre. Et l’argumentation la plus porteuse doit être avancée maintenant, parce qu’elle porte sur l’absurdité du fractionnement en deux étapes de l’enfouissement des deux quais et 4 voies à Cornavin :

  1. le fractionnement coûte 600 millions à la collectivité. Les 4 voies et deux quais souterrains nécessaires, s’il sont réalisés simultanément, ont été évalués à 2,1 milliards. Réalisées séparément, les deux étapes successives coûtent ensemble 2,7 milliards,
  2. le fractionnement doublera le temps d’exécution des ouvrages. Plutôt que de bouleverser tout Montrbrillant et le bas de la Servette pendant 6 ans, les chantiers le feront pendant 12 ans, avec quelques années d’interruption entre les deux étapes,
  3. cet aspect, l’absurdité du fractionnement des chantiers à Cornavin, est concret, parfaitement compréhensible aujourd’hui. Au contraire, laisser venir, argumenter sur l’absurdité de la seule seconde étape, n’a pas du tout le même potentiel mobilisateur. Les gens ne pourront même pas y croire: Comment dites-vous ? il y aura une deuxième extension souterraine de Cornavin ? dont le chantier commencera dans quelques années ? mais vous êtes fous, jamais personne ne pourrait imaginer faire une bêtise pareille !
     

Il faut dénoncer haut et fort, aujourd’hui, le fait que deux extensions souterraines successives sont prévues, parce qu’indispensables, à Cornavin, défonçant chacune d’elles jusqu’à 20 mètres en-dessous du niveau des voies actuelles, sur plus de 400 mètres de longueur, tout le long des quais actuels, pendant 6 années chacune, rue et place de Montbrillant et bas de la Servette.

Ne pas le faire, c’est perdre l’argument le plus efficace pour que la machinerie engagée par les autorités et les administrations, machinerie composée d’une 1ère extension souterraine de Cornavin, puis d’une seconde, suivie d’une raquette, soit stoppée aujourd’hui, afin que la solution de la boucle de l’aéroport puisse aussi tôt que possible être mise en œuvre, parce qu’elle est nécessaire aujourd’hui.

 

Commentaires

  • Cher Monsieur,
    Je ne puis que vous suivre dans votre argumentation. Il y a toutefois une question que je me pose. La liaison Cointrin-Genthod nécessiterait-elle des expropriations, et, si oui, combien de propriétaires cela toucherait-il? C'est en effet un point délicat susceptible de faire reculer l'Etat, toujours frileux en matière d'expropriation, et toujours heureux de pouvoir faire autrement! Les retards dus aux oppositions qui ne manqueraient pas de surgir sont sûrement la raison qui pousse les autorités à s'accrocher à l'extension en sous-sol. En fait, le calcul est simple. Vaut-il mieux pourrir la vie des habitants du bas da la Servette, ou de ceux de la future ligne Cointrin-Genthod?
    Cordialement, Jacques Louis Davier

  • Monsieur Davier, Vous trouverez à cette adresse les plans cadastraux sur lesquels j'ai dessiné les tracés de lignes nécessaires à mon projet. Ce ne sont bien sûr à ce stade que des esquisses, mais qui suffisent largement à prouver que les besoins d'expropriation sont sans commune mesure avec ceux que nécessiteraient les projets des administrations entre Cornavin et Châtelaine, vers l’ONU, puis aussi entre Cornavin – Sécheron – Nations – Aéroport pour la « raquette ».
    http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2016/10/31/traces-et-couts-279824.html

    Le long de la piste de l'aéroport, tout est déjà en mains publiques. C'est aussi le cas pour la descente le long du Vengeron. Reste le tronçon Vengeron - Halte de Genthod-Bellevue, qui peut être réalisé entièrement en tunnel, creusé en tunnel, et non en tranchée couverte. Du côté Lausanne de ce tunnel, les trémies d'accès trouvent une place suffisante dans l'espace laissé vers 1980 par une opération réalisée par les CFF: ils avaient alors corrigé la courbe de Bellevue pour y permettre une vitesse plus élevée, et l'espace libéré est resté propriété des CFF.

  • Cher Monsieur,
    Merci beaucoup pour vos explications, qui sont tout à fait convaincantes. L'expropriation n'est en effet pas le problème. J'espère vraiment que votre projet finira par s'imposer.
    Cordialement, Jacques Louis Davier

  • "serait de nature à froisser les autorités, les députés et conseillers municipaux de la Ville de Genève ...."
    Belle conception de l'esprit de la démocratie.

  • N'y a-t-il donc personne, parmi tous ceux qui ont voté le projet disputé par vous, pour trouver qu'il serait honorable de se rallier à une meilleure solution et se battre pour elle tout en se faisant quelques ennemis dans son "clan"?
    Il me paraît très peu probable qu'il ne s'en trouve pas qui rêveraient secrètement de le faire s'ils pouvaient en trouver le courage.

  • Je pense comme vous. Plus on s'éloigne des idées simplistes, plus on s'approche de la dure réalité, plus la tentation sera grande pour les politiques de prendre le flambeau. Il y a pour elles et eux un risque, bien sûr, mais le bénéfice politique pourrait être considérable, me semble-t-il.

    La dure réalité, c'est les deux chantiers de plus d'un milliard chacun qui devraient se succéder pour défoncer Montrbrillant et le bas de la Servette entre 2025 et 2045. Trsè dure.

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