L’administration prête à sacrifier une centaine de relations directes, pourtant centrales

Ce schéma apparaît dans un document rédigé par la Direction générale des transports, non daté ( ? ), annexé à un courrier adressé par le Conseil d’Etat à Madame Leuthard,  Conseillère fédérale, le 20 décembre 2017.

 

Le titre du document : Canton de Genève – Stratégie ferroviaire 2040 – 2050.

Le titre du schéma : Concept d’offre 2050.

 

Depuis 2014, le financement de tout le réseau ferroviaire de Suisse est assuré par la Confédération. Elle se charge elle-même de déterminer les besoins en trafic de grandes lignes, mais ce sont les cantons, regroupés en régions, qui sont invités à se prononcer sur leurs besoins en trafic régional. C’est la Confédération qui procède à l’arbitrage, en dernier ressort l’Assemblée fédérale. C’est dans ce contexte qu’il faut placer le schéma, qui ne présente pas les trafics de grandes lignes, seulement ceux d’importance régionale.

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2018.01.01 DGT à Conseil Féd. Concept 2050.jpg

République et Canton de Genève – Direction générale des transports, non daté

Ce schéma fait apparaître :

  • 2 lignes RégionalExpress RE, toutes le deux en vert : Lausanne – Annemasse, et Lausanne – Aéroport. Les trains s’arrêtent aux haltes et gares mentionnées sur leur trajet : Nyon, Coppet, Genève-Cornavin, Aéroport, Lancy-Pont-Rouge, Eaux-Vives et Annemasse.
  • 3 lignes du Réseau Express Régional RER : en jaune-orange Bernex – Zimeysa, en rouge Annemasse – Zimeysa, en violet Coppet – La Plaine. Les trains de ce réseau RER sont omnibus, ils s’arrêtent à toutes les gares et gares situées sur leur parcours.

 

Comme souvent quand on prend connaissance d’un schéma, il ne faut pas se contenter de lire ce qui y est dessiné, il faut chercher ce qui ne s’y trouve pas.

 

Grosso modo, il n’est pas proposé de continuités de la ligne Coppet – Bellegarde à la ligne du CEVA Cornavin-Annemasse. Il y a quelques correctifs, notamment apportés par les deux lignes vertes Regioexpress, mais il reste que les relations suivantes ne seraient pas possibles sans changement de train à Cornavin :

  • entre Tannay, Mies, Pont-Céard, Versoix, Creux-de-Genthod, Genthod-Bellevue, Chambésy, Sécheron d’une part, et d’autre part Lancy-Pont-Rouge, Carouge, Champel, Eaux-Vives, Chêne-Bourg, Annemasse, Aéroport (56 relations manquantes),
  • entre Nyon et Coppet d’une part, et d’autre part Carouge, Champel, Chêne-Bourg, (6 relations manquantes),
  • entre Bellegarde, La Plaine, Russin, Satigny, Meyrin (Vieux- Bureau), Vernier, Châtelaine d’une part, et d’autre part Lancy-Pont-Rouge, Carouge, Champel, Eaux-Vives, Chêne-Bourg, Annemasse, (42 relations manquantes).

 

Pour toutes ces 104 relations, le voyageur ne trouvera pas de train direct, il devra changer à Cornavin, malgré tout ce qui aura été dépensé jusqu’en 2050 ! le contribuable suisse aura payé 4 milliards pour ce triste résultat, le contribuable genevois peut-être un milliard, les Genevois auront eu à subir des chantiers à Cornavin, à Saint-Jean, aux Charmilles, à Châtelaine, aux Nations, à l’aéroport, au centre de Meyrin, pendant tout ce temps, et quels chantiers !

Commentaires

  • Etes vous associé à "Genève Route et Rail" ? car j'ai reçu un message de leur part proposant la même solution que votre blog avec un bulletin de versement.
    Meilleures salutations
    MV

  • Je ne suis pas membre de l’association GeReR - Genève Route et Rail. L’association et moi soutenons le même concept de développement du nœud ferroviaire de Genève.

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