Balance des coûts :  4 milliards de francs, balance du CO2 : 1 million de tonnes, étudier l’affaire ? pas fou !

L’étape décisive ? C’est celle qui insérera l’aéroport dans le réseau Léman Express. Deux concepts s’opposent pour atteindre cet objectif :

  • la boucle, et
  • le concept officiel, soutenu par la Confédération, le Canton et la Ville de Genève, avec la caution des CFF, qui comprend impérativement l’extension souterraine de la gare de  Cornavin, la seconde gare de l’aéroport, sous-souterraine, et la ligne nouvelle qui la dessert depuis Cornavin.

 

Il y a une relation simple entre la quantité d’argent qu’il faut dépenser pour construire une infrastructure lourde de transport de cette nature et la masse de CO2 dégagée par cette construction : une dépense d’un franc pour la construction d’une telle infrastructure s’accompagne d’un dégagement de 270 grammes de CO2. Ainsi,

  • la réalisation du concept de la boucle coûtera un milliard et dégagera  270'000 tonnes de CO2, et
  • la réalisation du concept officiel coûterait 5 milliards et dégagerait 1'350'000 tonnes de CO2 (en toutes lettres : un million trois cent cinquante mille tonnes).


Ceux qui soutiennent le concept officiel ne semblent pas se sentir concernés par la dépense publique. Dépenser 5 milliards d’argent public plutôt qu’un seul, en vue d’un même résultat ? Mais  ça n’est rien du tout ! Comment dites-vous : étudier l’affaire ? Pas fou !

 

Ceux qui soutiennent le concept officiel ne semblent pas se sentir concernés par le dégagement de CO2. Dégager 1,35 millions de CO2 plutôt qu’un quart de million, en vue d’un même résultat ? Mais ça n’est rien du tout ! Comment dites-vous : étudier l’affaire ? Pas fou !

 

Un rappel

Réaliser une extension de la capacité de Cornavin en lui ajoutant des voies supplémentaires, ce serait s’engager dans le concept officiel, et n’aurait de sens que si ce concept est poursuivi jusqu’à son achèvement.

2018.01.01 DGT à Conseil Féd. Concept 2050.jpg

L’extension de la capacité de Cornavin est absolument nécessaire au transit des 8 trains par heure et par sens qui, pour desservir la nouvelle gare sous-souterraine de l’aéroport via Les Nations, devraient traverser Cornavin (ligne jaune et ligne rouge). C’est pour ce trafic-là surtout que la gare de Cornavin devrait être étendue.  Tant que ce trafic n’existe pas, parce que la nouvelle gare de l’aéroport n’existe pas, l’extension de la gare de Cornavin n’est pas nécessaire. Elle ne le serait qu’au moment où la nouvelle gare de l’aéroport serait réalisée, avec sa propre ligne de desserte. En 2050 ?

Commentaires

  • Vous ne pouvez qu’avoir raison, c’est du moins ce que l’on se dit en vous lisant, avant que le match commence pour de bon. Mais quand commencera-t-il, ce match ? Nous aurons d’un côté des Administrations sûres d’elles-mêmes, et de l’autre des partis politiques penauds d’avoir été roulés dans la farine si longtemps, et l’arbitre ce sera nous, le peuple, car cette tragi-comédie finira bien par l’épilogue des urnes et alors un vainqueur sera désigné, et nul doute que la raison l’emportera, mais quand ?

  • Oui, je vois les choses comme vous.

    Les administrations bénéficient évidemment d’un avantage considérable : elles se savent éternelles. De ce fait, elles pensent pouvoir laisser traîner les choses.

    Pourtant, la réalité les forcera à agir. Ce sont elles qui ont déclaré l’urgence de l’extension du nœud ferroviaire de Genève. Pour autant qu’elles aient raison sur ce point, il faudra bien aller de l’avant. La 1ère étape qu’elles prévoient devrait selon elles être achevée en 2031, dans 12 ans. Pour cela, il faudra d’ici quelques mois soumettre leur projet à l’enquête publique, ouvrant la voie aux interrogations auxquelles elles devront répondre, ouvrant le débat. L’enquête publique ouvrira aussi la voie à l’intervention du pouvoir judiciaire, à la demande des opposants. Parallèlement se déclencheront probablement des procédures d’expropriation, parce qu’il est plus que probable que certains cessions de droits ne se règleront pas à l’amiable.

    Au cours de ces procédures, les juges seront sans doute amenés à devoir trancher sur l’utilité publique du projet soumis à l’enquête. Les opposants feront sans doute valoir qu’une autre solution, ne posant aucun problème de cette nature, bien plus économe de l’argent public, etc. a été proposée et a été rejetée sans étude ni débat.

  • Je me réjouis de voir quelles sottises sortiront ceux-qui défendent le projet officiel lorsqu'il faudra le défendre en débat public.
    Que fait la presse?

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