L’enfumage par M. Dal Busco

 

 

 

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Monsieur Dal Busco tient de drôles de propos. Ils sont imprimés en italique  noir, les miens en rouge. Dal Busco, Des arguments fallacieux pour défendre une vision erronée, LE JOURNAL  DE L’IMMOBILIER • NO 14 • 22 DÉCEMBRE 2021.https://jim.media/wp-content/uploads/2021/12/JIM-014_Un-depute-vaudois-veut-ressusciter-la-boucle.pdf .

Malgré les nombreuses réponses officielles de l’OFT et des CFF  les promoteurs de cette boucle continuent de diffuser des propos fallacieux sur les réseaux sociaux au sujet de la solution officiellement approuvée par le Conseil fédéral. l’OFT a dû se rétracter à la seule réponse que lui et les CFF m’aient jamais adressée,

Par exemple, il est fait référence à un budget de 4 milliards de francs, alors que le chiffrage officiel de la gare souterraine est d’environ 1,7 milliard, couvert en grande partie par un subventionnement fédéral. Oui, une 1ère tranche de 1,7 milliard du programme d’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève a été formellement décidée et financée. Mais cette 1ère tranche ne réaliserait qu’un tiers de la nécessaire augmentation de la capacité du nœud ferroviaire de Genève, alors que la boucle réalisera cette nécessaire augmentation en une seule étape, de coût inférieur à celui de la seule 1ère tranche de la solution officielle. Il est fallacieux de rapprocher la solution officielle, complexe, fractionnée en plusieurs étapes et plusieurs ouvrages, de celle de la boucle, qui ne nécessite pas de fractionnement, parce que moins coûteuse que la 1ère tranche déjà financée de la solution officielle, et même encore moins coûteuse que la seule participation fédérale à cette 1ère tranche.

Avec 1,7 milliard, l’augmentation de la capacité du nœud ferroviaire de Genève ne serait que beaucoup trop modeste. Il faudrait environ 5 milliards pour porter la capacité du nœud ferroviaire de Genève au niveau suffisant, niveau que la boucle de l’aéroport assurera, grâce à une dépense d’un milliard seulement.

Affirmer en outre que la variante officielle impliquerait le doublement de la gare de l’aéroport relève de la pure invention. Une pure invention ? Rien que ça.  C’est n’importe quoi !  Depuis 2013 Genève s’acharne à créer une seconde gare de l’aéroport pour y donner accès au trafic régional, la gare actuelle étant déjà saturée par le trafic de grandes lignes, prioritaire. Il est évident que cette extension n’est pas comprise dans la tranche de 1,7 milliards, mais ça n’a aucune importance, puisque la boucle de l’aéroport la rend inutile, parce que, rendant la gare actuelle traversante, elle triple sa capacité.

 

Il faut un sacré culot pour se permettre de tels tours de passe-passe.

Deux solutions sont confrontées pour résoudre le problème de capacité du nœud ferroviaire de Genève : l’officielle et la boucle de l’aéroport, Toutes deux mettent à disposition des infrastructures équivalentes. Equivalentes en ceci qu’elles permettent, après achèvement, la même offre ferroviaire. Elles  présentent pourtant de très importantes différences :

  • la boucle coûte un milliard, l’officielle en coûte 5 ;

  • la boucle peut se réaliser en une dizaine d’années. L’officielle en aucun cas avant 2050 :

  • la boucle ne coûte rien à Genève, l’officielle un demi-milliard (M. Dal Busco en est bizarrement très satisfait) ;

  • la boucle laisse indemnes les quartiers centraux autour de la gare de Cornavin, les gigantesques chantiers de l’officielle leur ferait subir de très lourds inconvénients durant des dizaines d’années ;

  • les chantiers de la boucle dégageront 250'000 tonnes de CO2. La solution officielle en dégagerait le quintuple.

  • La boucle offrira un trajet plus prudent que le centre de la ville aux convois chargés de produits chimiques dangereux.

M. Dal Busco a imaginé une machine à enfumer. Lorsque l’affaire se présente, il ne compare pas la boucle avec la solution officielle, il la compare avec la seule 1ère étape décidée, financée, et donc seule légitimée, ce qui lui permet d’affirmer que l’officielle coûte 1,7 milliards, bien plus proche du coût de la boucle que les 5 milliards. Cependant, c’est bien l’ordre de grandeur de 5 milliards qui est correct.

La fertile imagination de M. Dal Busco ne suffira pas à vaincre les massifs avantages de la boucle de l’aéroport.

Commentaires

  • Oups... si je comprends bien, "une 1ère tranche de 1,7 milliard du programme d’extension de la capacité du nœud ferroviaire de Genève a été formellement décidée et financée" ?

    Donc les travaux gigantesques à 18-19 mètres sous la gare de Cornavin auront lieu quoi qu'il arrive, sans que le problème sous-jacent soit résolu, voir même sans qu'il soit touché?

    Ce qui veut dire que le problème sous-jacent n'était pas celui du traffic ferroviaire et de la capacité du noeud de Genève, mais comment détourner l'argent fédéral sur Genève... Quel gâchis...

  • Vous avez parfaitement compris. Ce qui intéresse M. Dal Busco, c'est le milliard que la Confédération dépenserait à Genève, et pas la contrepartie ferroviaire de ce milliard. Il est d'ailleurs indifférent au fait que Genève doive débourser un demi-milliard pour que la Confédération dépense son milliard. Oh non, même pas: ce demi-milliard genevois est à ses yeux une excellente affaire s'il est dépensé à Genève, peu importe la contre-valeur de ce demi-milliard. Que cet homme ait été en charge des finances cantonales est effarant.

  • Que la 1ère étape d'extension de Cornavin ne serve à presque rien, M. Dal Busco s'en fiche. Ce qu'il veut, c'est du travail pour les entrepreneurs et les ingénieurs

  • On peut s'attendre à se trouver dans une situation impossible. S'ils font la première tranche, nonobstant toutes les objections, après ils seront obligé de faire la suite, et les genevois accepteront faute de mieux et pour ne pas faire du gâchis.

  • Si cette 1ère manche est perdue, tout est perdu. Pas seulement cette affaire ferroviaire. Toute l'image de notre démocratie en sera corrompue.

  • "Ce qu'il veut, c'est du travail pour les entrepreneurs et les ingénieurs"
    Voilà ce qu'on appelle un "bon soldat". Et on reste donc en famille. On aurait presque pu écrire "ses" à la place de "les".

  • J'ai lu l'article dans L'Immobilier :
    - M. S. dal Busco s'en tient qu'à la 1ère Etape C'est un peu simpliste
    - il attend le milliard de Berne. Rien d'autre.
    - il s'en tient à ses critiques de ceux qui soutiennent la boucle. C'est malhonnête !
    - il peine (les députés aussi) à comprendre ce dossier fort complexe.
    BRAVO à M. R. Weibel pour la justesse de son étude.

  • L'engagement des dépenses publiques ne peut se faire sans contrôle. Quel est-il?

    J'en reviens à l'une de mes premières questions: QUID de la responsabilité du contrôle des dépenses de l'Etat de Ge, par la Cour des Comptes ?
    Ici, leur site vous enjoint, sur leur enfumage (3 ou 4 bonnes femmes employées, ni du coin & pas vraiment connaisseusses de la Suisse) et non sur leur déontologie

    https://www.cdc-ge.ch/fr/Accueil/La-Cour-des-Comptes-de-Geneve-en-bref.html

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